Violences à Nairobi : la police kényane ouvre le feu sur des manifestants lors de la « Marche du peuple »
Violences à Nairobi : la police kényane ouvre le feu sur des manifestants lors de la « Marche du peuple »

La tension est montée d’un cran ce lundi 7 juillet dans le centre-ville de Nairobi, où la police kényane a tiré à balles réelles sur une foule de manifestants antigouvernementaux. Ces protestations, baptisées « Marche du peuple Saba Saba », coïncidaient avec le 35e anniversaire des premières mobilisations pour la démocratie au Kenya. Des scènes de chaos ont éclaté dans les rues de la capitale, alors que les forces de l’ordre tentaient de repousser les manifestants avançant vers le quartier administratif.

Les participants, majoritairement jeunes, dénonçaient une dérive autoritaire du gouvernement ainsi qu’un climat d’impunité pour les violences policières. L’indignation populaire s’est intensifiée depuis la mort suspecte, le mois dernier, d’un blogueur critique du pouvoir alors qu’il était en détention. Ce décès a ravivé les souvenirs douloureux des années de répression et a jeté de l’huile sur le feu d’un mécontentement déjà latent.

Le gouvernement, par la voix du ministre de l’Intérieur, a qualifié les manifestations de « terrorisme déguisé » et a promis de défendre « la vie et les biens des Kényans honnêtes ». Cette déclaration a été perçue comme une provocation par les organisateurs du mouvement, qui affirment exercer un droit constitutionnel à manifester pacifiquement.

Sur le terrain, les témoignages font état d’une répression brutale : utilisation massive de gaz lacrymogènes, matraquages, arrestations arbitraires, et tirs à balles réelles. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants blessés et des rues jonchées de débris, tandis que des barricades improvisées étaient érigées pour faire face aux charges policières.

Le 7 juillet est une date symbolique au Kenya, en mémoire des émeutes sanglantes de 1990, qui avaient marqué un tournant dans la lutte pour le multipartisme. Trente-cinq ans plus tard, les militants affirment poursuivre le même combat pour les libertés fondamentales, dans un contexte marqué par des inégalités croissantes, la corruption et un chômage élevé.

Les ONG locales et plusieurs organisations internationales ont exprimé leur inquiétude face à la montée des violences, appelant à la retenue et à l’ouverture d’une enquête indépendante sur les abus présumés des forces de l’ordre. Le gouvernement, de son côté, reste ferme et refuse tout dialogue avec ceux qu’il qualifie de « fauteurs de troubles ».

Alors que la nuit tombait sur Nairobi, la situation demeurait tendue, avec une forte présence sécuritaire dans les quartiers sensibles. Les manifestants promettent de poursuivre leur mobilisation dans les jours à venir, malgré les risques.

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