Un tribunal sud-africain a tranché vendredi en faveur du gouvernement zambien dans le différend opposant Lusaka à la famille de l’ancien président Edgar Lungu au sujet de son lieu d’inhumation. La justice a ordonné que la dépouille du chef d’État, décédé le 5 juin en Afrique du Sud, soit rapatriée en Zambie pour des funérailles nationales.
Lungu, qui a dirigé la Zambie de 2015 à 2021, est mort dans un hôpital sud-africain où il recevait des soins pour une maladie non révélée. Ses proches souhaitaient qu’il soit enterré en Afrique du Sud, estimant que les cérémonies officielles en Zambie risquaient d’être entachées par la présence de son successeur, avec lequel il entretenait des relations politiques tendues.
Le gouvernement zambien avait insisté sur la nécessité d’honorer l’ancien président à travers des funérailles nationales, conformément au protocole et aux traditions du pays. Lusaka avait saisi la justice sud-africaine pour obtenir le rapatriement, arguant que la mémoire d’un chef d’État devait être saluée sur le sol national.
La décision du tribunal met fin à deux mois d’incertitude et ouvre la voie à l’organisation d’une cérémonie officielle. Aucune date n’a encore été annoncée pour le rapatriement et les obsèques, mais les autorités zambiennes ont indiqué qu’elles collaboreraient avec la famille afin de convenir des modalités.
Cette affaire a suscité un vif débat en Zambie, certains y voyant un enjeu politique autant que protocolaire, compte tenu du passif entre Lungu et l’actuel président Hakainde Hichilema. Pour d’autres, la décision judiciaire permet de tourner la page dans un esprit d’unité nationale.