Le paysage culturel des monts Mandara au Cameroun et le mont Mulanje au Malawi viennent d’être inscrits par l’Unesco, qui affirme faire de l’Afrique une priorité.
Le Cameroun et le Malawi à l’honneur
Le 11 juillet 2025, l’Unesco a officialisé l’inscription de deux sites africains au patrimoine mondial : le paysage Diy-Gid-Biy dans les monts Mandara, au nord du Cameroun, et le mont Mulanje, dans le sud du Malawi. Ces ajouts ont été décidés à l’occasion de la 47e session élargie du Comité du patrimoine mondial, actuellement réunie à Paris.
Le site camerounais, situé dans l’extrême-nord du pays, regroupe des vestiges archéologiques, des terrasses agricoles et des lieux de culte. Les premières installations humaines y remonteraient aux XIIe-XVIIe siècles. Quant au mont Mulanje, massif imposant considéré comme sacré, il est imprégné de croyances spirituelles locales évoquant dieux, esprits et ancêtres. Ces deux sites incarnent la richesse du patrimoine culturel africain, souvent méconnu, et témoignent de savoir-faire anciens liés à la gestion des territoires, à la spiritualité et à l’adaptation à l’environnement.
Un rééquilibrage encore lent du patrimoine mondial
Lors de ses deux mandats, la directrice générale de l’Unesco Audrey Azoulay a affirmé à plusieurs reprises son intention de renforcer la présence de l’Afrique sur la liste du patrimoine mondial. Un engagement qui reste crucial, alors que le continent ne représente aujourd’hui que 9 % des biens classés, tout en concentrant près d’un quart de ceux considérés comme « en péril », en raison des conflits, du dérèglement climatique ou de l’exploitation des ressources naturelles.
Cette session 2025 a aussi vu la reconnaissance de deux pays africains jusque-là absents du classement : la Guinée-Bissau avec la réserve de biosphère de l’archipel des Bijagos, et la Sierra Leone avec les forêts de Gola Tiwai, riches en biodiversité et refuges pour plusieurs espèces menacées. D’autres sites, ailleurs dans le monde, sont également à l’étude, notamment les mégalithes du Morbihan ou des lieux de mémoire au Cambodge. Mais pour l’Unesco, le défi reste clair : rééquilibrer une liste encore dominée par les pays du Nord, tout en protégeant les trésors fragiles du Sud.