L’armée suédoise a recommandé au gouvernement de se doter de missiles de croisière à longue portée capables de frapper des cibles situées profondément à l’intérieur du territoire ennemi, estimant qu’une telle capacité est devenue indispensable face aux armements russes. Cette position, détaillée dans un rapport remis cette semaine, marque une évolution significative de la stratégie défensive suédoise depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Selon les forces armées, la Suède devrait pouvoir atteindre des installations militaires et des infrastructures critiques situées jusqu’à 2 000 kilomètres, une portée qui placerait potentiellement des objectifs en Russie dans le rayon d’action suédois. Les responsables militaires affirment que cette capacité est nécessaire pour rééquilibrer la dissuasion, alors que Moscou dispose déjà de systèmes capables de frapper loin au-delà de ses frontières.
Le ministre de la Défense Pål Jonson a soutenu cette orientation en expliquant que l’environnement sécuritaire en Europe avait fondamentalement changé. Les autorités estiment qu’un armement de longue portée permettrait non seulement de renforcer la posture défensive du pays, mais aussi d’améliorer la capacité d’interopérabilité avec ses alliés, notamment au sein de l’OTAN.
Le rapport souligne également que le développement ou l’acquisition de tels systèmes impliquerait des investissements importants, ainsi que des choix politiques stratégiques sur la doctrine d’emploi de ces armes. Le gouvernement doit encore examiner les recommandations avant de présenter un plan détaillé.