Le carillon de Saint-Pierre n’avait pas fini de vibrer que déjà un discret soupçon de bleu trouble le noir réglementaire de la nef : au milieu des chefs d’État endeuillés, le prince William apparaît, veste marine tirée au cordeau. L’étiquette vaticane, pourtant transmise depuis des semaines, imposait le noir intégral ; l’héritier de la couronne a choisi la nuance d’à-côté. À peine installé, les zooms s’affolent, les réseaux s’enflamment : impardonnable légèreté ou simple quiproquo chromatique ?
Bleu contre noir : la bataille des codes
Officiellement, le protocole exigeait costume sombre, chemise blanche, cravate noire. Sombre, William l’est ; noir, pas tout à fait. Dans l’aréopage des dignitaires, il n’est pourtant pas le plus flamboyant : deux sièges plus loin, Donald Trump exhibe un ensemble bleu roi assorti d’une cravate scintillante, siphonnant instantanément l’attention des caméras. Résultat : la toile décoche ses flèches couronnées, mais réserve ses projectiles les plus acérés au 45ᵉ président.
D’un faux pas à l’autre, le Vatican relativise
Au Vatican, on soupire sans dramatiser : le prince a respecté l’esprit, si ce n’est la lettre. Dans les rangs de Windsor, on laisse entendre qu’une nuance outre-Manche, ça peut passer — la preuve vivante qu’un codex vestimentaire, aussi précis soit-il, s’émousse au contact des usages diplomatiques. Finalement, les fidèles retiendront surtout la prière pour François ; les faiseurs de polémiques, eux, auront enrichi d’une ligne la longue liste des « fashion crimes » princiers.