Le pape Léo XIV brouille les pistes sur son club de football préféré lors d'une audience avec Naples
Le pape Léo XIV brouille les pistes sur son club de football préféré lors d'une audience avec Naples

Le pape Léo XIV, premier souverain pontife américain, a semé le doute mardi sur l’identité de son club de football italien préféré, alors qu’il recevait en audience privée les joueurs et dirigeants du SSC Napoli, tout juste couronné champion de Serie A. Une remarque malicieuse qui a ravi les visiteurs, tout en alimentant les spéculations parmi les fidèles du calcio.

Alors qu’il entrait dans la salle Clémentine du palais apostolique où l’équipe napolitaine l’attendait, le pape a noté un temps de réaction inhabituel dans les applaudissements. « Peut-être qu’ils n’ont pas voulu applaudir parce que dans la presse, on dit que je suis Romanista », a-t-il lancé, en référence aux supporters de l’AS Roma, le grand rival de Naples. Avant d’ajouter, avec un sourire : « C’est ce que dit la presse. Et tout ce qu’on lit dans la presse n’est pas vrai. »

Si son prédécesseur, le pape François, assumait ouvertement son soutien au club argentin de San Lorenzo, le pape Léo, déjà connu pour son attachement aux White Sox de Chicago et sa passion pour le tennis, reste plus énigmatique quant à ses affinités footballistiques en Italie.

Naples, sacré champion d’Italie pour la quatrième fois après une victoire 2-0 contre Cagliari vendredi — avec des buts de Scott McTominay et Romelu Lukaku —, a célébré cette réussite historique en offrant au Saint-Père un maillot floqué du numéro 10 et de son nom, signé par tous les joueurs. Un clin d’œil à la légende Diego Maradona, qui avait porté ce numéro mythique sous les couleurs napolitaines.

« Vous êtes un numéro 10 », a déclaré Aurelio De Laurentiis, président du club et producteur de cinéma, en remettant le maillot au pape. Lorsqu’il a présenté l’entraîneur Antonio Conte, le pape l’a aussitôt interrompu : « Je le connais de l’écran, je l’ai vu de nombreuses fois. » Conte, fervent catholique selon De Laurentiis, a dirigé la Squadra Azzurra ainsi que plusieurs clubs de renom, dont la Juventus, Chelsea et l’Inter Milan.

Le pape a profité de cette rencontre pour souligner l’importance sociale de cette victoire napolitaine. « Le football est très populaire en Italie et dans le monde entier. C’est pourquoi la valeur sociale d’un tel accomplissement dépasse la simple performance sportive. C’est l’exemple d’une équipe qui sacrifie les talents individuels au profit du bien commun. »

Mais il a aussi lancé une mise en garde : « Quand le sport devient un business, il risque de perdre les valeurs qui le rendent éducatif, et peut même devenir déséducatif. » Il a exhorté les parents et les responsables sportifs à veiller à la qualité morale de l’expérience compétitive, car elle influence, selon lui, « la croissance humaine des jeunes ».

Cette audience avec le Napoli survient moins de deux semaines après une rencontre privée avec le champion de tennis Jannik Sinner, soulignant le lien que le pape entend entretenir avec le monde du sport, autant pour sa dimension humaine que pour son potentiel éducatif.

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