Mercredi, les smartphones crépitaient devant le cercueil du pape ; hier, jeudi midi, rideau : plus aucune photo tolérée sous la coupole de Saint-Pierre. Dans la nuit, les portes de la basilique sont pourtant restées ouvertes jusqu’à 5 h 30 pour absorber un flot de pèlerins jamais vu depuis Jean-Paul II. En moins de 36 heures, quelque 50 000 fidèles ont déjà défilé, épaules couvertes, genoux camouflés, parfois déçus de ne pas repartir avec la précieuse image souvenir. Officiellement, la Curie invoque « l’accélération du parcours » ; officieusement, l’idée d’un tourisme macabre hérisse les rangs violets. Samedi, jour des funérailles, on attend quatre fois plus de monde et un dispositif de sécurité encore épaissi.
Le virage du Vatican en vingt-quatre heures
Jusqu’à mercredi soir, immortaliser le pontife défunt relevait de la simple politesse : pas de flash, pas de bavardage, et l’affaire était dans la boîte. Les guides du dôme citaient même la notice officielle autorisant les clichés « dans le respect de la sacralité du lieu ». Puis la marée humaine a fait plier l’organisation. Dès jeudi, les Gardes suisses confisquent les perches à selfies, rappellent que l’on se trouve « face à un corps, pas devant une relique Instagram ». Les points de contrôle se multiplient, ralentissant l’accès à la place Saint-Pierre et transformant la Via della Conciliazione en entonnoir sous haute tension.
Rites funéraires et dernier déplacement du cercueil
Après la messe d’obsèques présidée samedi matin, le cercueil franchira les murailles vaticanes pour gagner Sainte-Marie-Majeure, où François s’était recueilli avant chaque voyage apostolique. Le Vatican promet l’accès au tombeau dès dimanche ; les commerçants de la piazza dell’Esquilino, eux, se préparent à une deuxième vague de pèlerins. D’ici là, les appareils resteront au fond des sacs : l’image finale du pape défunt ne sera plus pixelisée – elle se gravera dans les seules mémoires de ceux qui auront patienté des heures pour la contempler quelques secondes.