Angelo Becciu : du faîte du pouvoir à la marge du conclave
Angelo Becciu : du faîte du pouvoir à la marge du conclave

Arrivé sur le devant de la scène vaticane en 2011 comme numéro 2 de la Secrétairerie d’État, Angelo Becciu, 76 ans, paraissait intouchable. Originaire de Sardaigne, cet ancien diplomate (Soudan, Cuba, Angola…) avait gravi tous les échelons pour devenir l’un des conseillers les plus influents des papes Benoît XVI et François. Créé cardinal en 2018, il dirigeait alors le département des canonisations, avant d’être brutalement rappelé à l’ordre dès l’automne 2020 : le pape François l’informait de « faits graves » à son encontre, ouvrant une enquête interne.

Un procès inédit pour un cardinal

En 2023, après deux ans d’auditions et d’expertises, Becciu a été condamné en première instance à cinq ans et demi de prison pour avoir autorisé sans mandat l’achat ruineux d’un immeuble londonien (183 millions € de pertes) et détourné des fonds (575 000 € versés en pure perte pour une supposée libération d’otage, 120 000 € « charitablement » orientés vers la Caritas sarde et retombés chez son frère). Ses juges dénoncent un abus d’autorité jamais vu : c’est le plus haut prélat à comparaître devant la justice pénale de la Cité du Vatican.

Renoncement forcé et appel de la défense

Privé depuis 2020 de ses prérogatives cardinalices, malgré son titre, Becciu a tout de même revendiqué son droit de vote au prochain conclave. Sous pression médiatique et papale, il a finalement renoncé, déclarant obéir à François et jurant une fois de plus son innocence. En appel, il conteste son dossier ; l’issue de ces procédures déterminera si son nom restera associé à une page sombre ou à une possible réhabilitation au sein de l’Église.

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