ZFE : ces zones anti-pollution efficaces que des députés veulent faire disparaître
ZFE : ces zones anti-pollution efficaces que des députés veulent faire disparaître

Alors que la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) vient d’être votée en commission à l’Assemblée nationale, leur efficacité sur la qualité de l’air est pourtant bien réelle. Mis en place dans 25 grandes agglomérations françaises, ces dispositifs visent à restreindre la circulation des véhicules les plus polluants selon leur vignette Crit’Air. Si certains élus de droite et d’extrême droite dénoncent une « injustice sociale » ou une « fracture territoriale », les chiffres parlent d’eux-mêmes : les ZFE ont permis une baisse mesurable des émissions de polluants liés au trafic routier, même si leur impact reste partiel.

Les émissions de particules fines PM2,5, redoutées pour leur lien avec environ 40 000 décès par an en France, ont ainsi reculé de 32 % en Île-de-France depuis 2017. Trois points de cette baisse sont directement attribuables à la ZFE, selon AirParif. Un résultat modeste, mais notable pour un dispositif ciblant une part limitée du parc automobile, et qui renforce par effet d’entraînement les autres politiques environnementales.

Une réduction marquée des oxydes d’azote

Plus significatif encore, l’impact des ZFE sur les oxydes d’azote, responsables de 7 000 décès chaque année, est impressionnant : -42 % d’émissions liées au trafic routier en Île-de-France depuis 2017, dont six points directement dus aux restrictions ZFE. Ces gaz toxiques, principalement issus des moteurs diesel, sont également à l’origine de la formation d’ozone et de particules fines secondaires.

L’efficacité des ZFE dépend aussi de leur rigueur : seules quatre villes ont interdit les véhicules Crit’Air 3 début 2025, tandis que la majorité des métropoles restent sur des critères plus souples. Selon AirParif, le durcissement de la ZFE francilienne pourrait réduire de 40 % le nombre d’habitants exposés à une pollution dépassant les seuils légaux.

Un dispositif perfectible mais indispensable

Critiquées pour leur manque d’équité sociale, les ZFE peuvent en effet pénaliser les ménages modestes qui dépendent de véhicules anciens. Mais les dernières études montrent qu’elles ne génèrent pas de « transfert » massif de pollution vers les zones périphériques. Au contraire, une baisse des émissions est également constatée hors des périmètres stricts des ZFE, notamment en Île-de-France.

Si des améliorations sont possibles – notamment en intégrant les émissions liées à l’usure des pneus et des freins via la norme Euro 7 – les ZFE ont prouvé leur utilité. Supprimer ces zones reviendrait à reculer sur un enjeu de santé publique majeur. Le débat, attendu dans l’hémicycle à partir du 8 avril, s’annonce tendu.

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