Après les pillages et les dégradations des 17 et 18 octobre 2026, le gouvernement déploie plusieurs dispositifs d’urgence pour soutenir les entreprises touchées. À La Réunion, une dizaine d’établissements ont été identifiés comme sinistrés, tandis que les commerçants du Var pourront également bénéficier de mesures exceptionnelles. Prise en charge de l’activité partielle, reports de cotisations, prêts à taux zéro et aides financières : l’État veut éviter que les violences ne provoquent des fermetures définitives. Reste à savoir si ces dispositifs seront suffisants pour compenser les pertes.
Les conséquences économiques des violences urbaines des 17 et 18 octobre commencent à se préciser dans plusieurs territoires français. À La Réunion, la préfecture a annoncé ce vendredi 23 octobre qu’une dizaine d’entreprises avaient subi des dégradations lors des manifestations contre la vie chère et des troubles survenus dans les jours suivants. Certains commerces ont été incendiés ou saccagés, obligeant leurs propriétaires à interrompre temporairement leur activité. Face à cette situation, les services de l’État ont organisé une réunion à la préfecture avec les organisations professionnelles, les chambres consulaires, les banques et les assureurs. L’objectif est de coordonner les dispositifs d’accompagnement et d’identifier les besoins urgents des entreprises concernées. Dans le Var, le préfet a également annoncé un dispositif exceptionnel destiné aux établissements directement touchés par les dégradations du 17 octobre, particulièrement ceux employant moins de 250 salariés. Ces mesures s’inscrivent dans le plan national présenté le 20 octobre par le gouvernement pour soutenir les commerces victimes des violences.
La première mesure concerne le maintien de l’emploi dans les entreprises contraintes de suspendre ou de réduire leur activité. Les établissements éligibles pourront recourir à un dispositif exceptionnel d’activité partielle, intégralement financé par l’État pour les entreprises de moins de 250 salariés, sans reste à charge pour l’employeur. Les salariés concernés percevront une indemnité correspondant à 60 % de leur rémunération brute, avec une prise en charge annoncée à 100 % pour les salariés rémunérés au SMIC. Les entreprises sinistrées pourront également demander à l’Urssaf un report pouvant atteindre douze mois pour le paiement des cotisations patronales des trois prochains mois. Des délais supplémentaires sont prévus pour certaines charges fiscales, tandis que les services des impôts pourront examiner les demandes d’étalement et accélérer certains remboursements de crédits d’impôt. Ces mesures doivent permettre aux commerçants de conserver leurs salariés et de limiter les sorties de trésorerie pendant les travaux de réparation ou la reconstitution des stocks.
Prêts à taux zéro, assurances et aides directes : des démarches à engager rapidement
Pour bénéficier de ces dispositifs, les entreprises devront établir qu’elles ont effectivement subi des dommages liés aux violences. Les commerçants concernés sont invités à conserver les photographies des dégradations, les factures, les justificatifs de pertes et les documents nécessaires à leurs déclarations d’assurance. L’État prévoit un accompagnement individualisé par les conseillers départementaux aux entreprises en difficulté, les chambres de commerce et d’industrie et les chambres de métiers et de l’artisanat. Les employeurs peuvent déposer leur demande d’activité partielle en ligne, dans un délai de trente jours à compter du placement des salariés dans ce dispositif. Les entreprises peuvent également contacter leur service des impôts pour solliciter des délais de paiement et leur Urssaf pour examiner les possibilités de report des cotisations. Un numéro national non surtaxé, le 0 806 807 807, a été mis en place pour orienter les professionnels. Les artisans peuvent aussi joindre leur chambre de métiers au 3006. À La Réunion, les services préfectoraux invitent les entreprises sinistrées à se rapprocher de leur chambre consulaire ou des interlocuteurs économiques de l’État afin d’obtenir un accompagnement adapté à leur situation.
Le gouvernement prévoit également des mesures destinées à reconstituer rapidement la trésorerie des commerces. Bpifrance doit proposer des prêts à taux zéro pouvant atteindre 50 000 euros, remboursables sur trois ans, tandis que les chambres de métiers peuvent mobiliser une aide d’urgence allant jusqu’à 1 500 euros. Un fonds de soutien spécifique est annoncé pour les entreprises de moins de 50 salariés ayant subi des dommages importants et une perte d’activité. Son montant doit être calculé en fonction du chiffre d’affaires, dans la limite de plafonds qui restent à préciser. Les assureurs se sont également engagés à faciliter les démarches, notamment en portant à trente jours le délai de déclaration des sinistres et en envisageant des acomptes rapides. Mais plusieurs incertitudes demeurent : un report de cotisations ne constitue pas une annulation de dette, tandis qu’un prêt, même sans intérêts, devra être remboursé. Pour les établissements dont les stocks ont été détruits ou qui doivent engager d’importants travaux, ces mesures pourraient donc ne pas suffire à compenser l’ensemble des pertes. L’efficacité du dispositif dépendra surtout de la rapidité des versements, de l’étendue des garanties d’assurance et de la capacité des entreprises à reprendre leur activité avant que leurs difficultés financières ne deviennent irréversibles.

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