Invité sur Franceinfo, l’ancien directeur des prisons de Fleury-Mérogis et Fresnes, Joaquim Pueyo, s’oppose fermement à l’élargissement de l’accès aux téléphones portables pour les détenus. Réagissant aux déclarations de Dominique Simonnot, contrôleure générale des lieux de privation de liberté, qui plaide pour un assouplissement des restrictions, il estime que ce serait une « grosse erreur sur le plan de la sécurité ».
S’il reconnaît l’importance du maintien des liens familiaux, Joaquim Pueyo rappelle que les portables sont un outil privilégié du narcotrafic en détention. « Certains détenus ne les utilisent pas uniquement pour appeler leur famille, mais aussi pour poursuivre leurs activités criminelles », prévient-il. Il souligne également le risque de pressions sur des témoins ou des victimes, notamment pour les prévenus placés sous mandat de dépôt.
L’ancien directeur prône plutôt un renforcement du brouillage des communications et un meilleur contrôle des téléphones fixes installés en cellule dans certaines prisons. Ces derniers permettent aux détenus de contacter des proches sous supervision, avec des numéros préalablement autorisés.
Il admet toutefois qu’une réflexion peut être menée sur les centres de semi-liberté, où certains détenus travaillent ou suivent une formation à l’extérieur. « Dans ces cas-là, on peut s’interroger sur la possibilité d’autoriser les téléphones portables », concède-t-il. Mais pour les établissements pénitentiaires classiques, il reste catégorique : « Il faut empêcher les portables d’entrer en prison, par les projections ou les parloirs ».