Shein dans le viseur : 200 000 colis contrôlés à Roissy lors d’une opération exceptionnelle (flickr)
Shein dans le viseur : 200 000 colis contrôlés à Roissy lors d’une opération exceptionnelle (flickr)

Les autorités françaises ont lancé hier jeudi 6 novembre une opération d’envergure à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Plus de 200 000 colis issus de la plateforme chinoise Shein ont été inspectés en 24 heures par les douanes, la gendarmerie du transport aérien et la répression des fraudes. Une initiative qualifiée « d’inédite » par la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, présente sur place aux côtés du ministre du Commerce, Serge Papin. L’opération survient au lendemain du lancement d’une procédure de suspension contre Shein, déjà au cœur de plusieurs polémiques. Selon les premières constatations, « huit articles sur dix » se sont révélés non conformes aux réglementations françaises et européennes. Les agents ont notamment vérifié la véracité des déclarations douanières et le respect des obligations fiscales.

Une opération test avant un contrôle plus large du e-commerce

Serge Papin a annoncé que cette opération serait étendue à d’autres plateformes en ligne afin de « regarder entre les mailles du filet » et d’identifier les produits dangereux ou frauduleux. Les deux ministres ont évoqué la possibilité d’une interdiction pure et simple de Shein en France, s’appuyant sur le précédent de la plateforme Wish, suspendue en 2021 pour des raisons similaires. Ces contrôles interviennent dans un contexte de vives critiques contre Shein, notamment après la mise en vente de poupées à caractère pédopornographique et d’armes interdites. La société fait désormais face à plusieurs procédures administratives, judiciaires et européennes.

Roissy, carrefour du commerce en ligne

Avec plus de deux millions de tonnes de fret traitées chaque année, Roissy-Charles de Gaulle est devenu un point névralgique du commerce électronique européen. Depuis 2022, les flux liés aux plateformes étrangères comme Shein, Temu ou AliExpress y ont explosé. Pour Amélie de Montchalin, l’enjeu dépasse le seul cas de la marque chinoise : « Ce n’est pas seulement un sujet de consommation, c’est un enjeu de souveraineté et de justice économique », a-t-elle déclaré. L’objectif affiché du gouvernement est clair : démontrer que les règles fiscales et de sécurité imposées aux acteurs français doivent aussi s’appliquer aux géants du e-commerce mondial.

Que retenir rapidement ?

Les autorités françaises ont lancé hier jeudi 6 novembre une opération d’envergure à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Plus de 200 000 colis issus de la

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