Le tribunal correctionnel de Foix a examiné ce mercredi les responsabilités de 16 chasseurs jugés après la mort accidentelle d’une ourse en 2021 dans la réserve du Mont Valier, dans les Pyrénées. L’homme de 81 ans qui a abattu l’animal, affirmant avoir agi en état de légitime défense après une attaque, est poursuivi pour « destruction d’espèce protégée », tandis que ses compagnons de battue sont jugés pour infractions à la réglementation de la chasse. Les parties civiles, représentées par plusieurs associations écologistes, ont demandé une réparation du préjudice environnemental à hauteur de 175.000 euros, équivalant au coût d’une réintroduction d’ours.
Lors de l’audience, les débats ont mis en lumière des négligences dans l’organisation de la chasse, notamment la méconnaissance des règles en vigueur dans la réserve, où les battues sont interdites. Les chasseurs ont plaidé leur bonne foi, arguant du manque de signalisation claire des limites de la zone protégée. Le procureur, lui, a rappelé leur « obligation de savoir où ils chassent », tandis que la défense a pointé une responsabilité des services de l’État, qui n’auraient pas averti de la présence de l’ourse.
Au-delà du sort des prévenus, ce procès soulève une question plus large sur la cohabitation entre les activités cynégétiques et la préservation de la biodiversité. Les associations écologistes demandent désormais à l’État de tenir ses engagements en procédant à un nouveau lâcher d’ours pour compenser les pertes, alors que quatre spécimens ont déjà été tués par l’Homme depuis 2020.