C’est un dossier qui dépasse l’entendement, comme l’ont qualifié plusieurs sources judiciaires. Le 14 février 2025, dans un appartement loué sur Airbnb dans le Vieux-Lille, un enfant de 5 ans a été livré à un groupe d’hommes lors d’une soirée chemsex. Pendant plusieurs heures, il a subi des viols et agressions sexuelles sous l’effet de la 3-MMC, drogue de synthèse utilisée comme stimulant sexuel. Les actes, filmés par certains participants et diffusés en ligne, ont été révélés le lendemain après l’hospitalisation de l’enfant et un signalement médical. Dix hommes ont été mis en examen entre février 2025 et janvier 2026 pour « viols et agressions sexuelles sous soumission chimique » et « avec actes de torture ou de barbarie ». Neuf sont en détention provisoire. Le père de l’enfant, accusé de l’avoir livré au groupe, est également poursuivi pour agressions sexuelles incestueuses et complicité de viols aggravés. Lui-même victime de viols cette nuit-là, il est toujours en détention.
L’enquête, ouverte le 15 février 2025 par la police judiciaire de Lille, a été confiée à un juge d’instruction dès le 22 février. Les investigations ont permis d’identifier dix suspects âgés de 29 à 50 ans, dont un couple homosexuel marié organisateur de la soirée. Parmi eux, un chauffeur routier alsacien de 30 ans, interpellé le 18 janvier 2026 au domicile de ses parents. Inconnu des services judiciaires, il est mis en examen pour détention et consultation de vidéos pédopornographiques et non-dénonciation de crimes sur mineur. Il aurait été au courant des faits via des échanges sur Grindr, sans avoir rencontré physiquement les organisateurs. L’un des deux époux organisateurs s’est suicidé en détention le 21 juin 2025.
Un enfant confié à sa mère, le père privé de droits
L’enfant, hospitalisé dans un état grave le 15 février, bénéficie d’une prise en charge spécifique. Il a été confié à sa mère, séparée du père avant les faits. Ce dernier a vu son autorité parentale et ses droits de visite et d’hébergement suspendus. L’enquête, toujours en cours, vise à établir précisément le rôle de chaque participant, la circulation des vidéos et les responsabilités dans cette nuit d’horreur.
Cette affaire, révélée par Le Figaro et confirmée par le parquet de Lille ce mardi 3 février 2026, choque par son extrême gravité : un enfant de 5 ans utilisé comme objet sexuel dans un contexte de chemsex organisé. Elle rappelle aussi la difficulté de détecter ces réseaux : les suspects, « gens sans problème » selon leur entourage, étaient insérés socialement. Le parquet de Lille, qui a requis le placement en détention de neuf d’entre eux, poursuit les investigations pour déterminer l’ampleur du réseau et les autres victimes potentielles.
Si vous êtes victime ou témoin de violences sexuelles sur mineur, le 119 (allo119.gouv.fr) est joignable 24h/24 et 7j/7. Le 3919 reste disponible pour les violences conjugales.