Il changeait de prénom comme d’adresse, traversait la France en camping-car et laissait derrière lui des comptes vidés et des victimes désemparées. L’homme soupçonné d’avoir escroqué une trentaine de femmes et plusieurs couples en deux décennies a été interpellé près de Jonzac, en Charente-Maritime, mettant fin à une cavale entamée après une précédente condamnation.
Âgé de 46 ans, il a été arrêté à l’heure du déjeuner alors qu’il se trouvait chez un couple. À proximité, les gendarmes ont retrouvé un camping-car Volkswagen signalé volé fin décembre. Selon des éléments proches de l’enquête, l’intéressé se montrait plus prudent depuis que son parcours avait été médiatisé en début d’année, ce qui avait contribué à alerter de nouvelles victimes potentielles.
Son interpellation intervient alors qu’un mandat d’arrêt avait été délivré contre lui en 2025 par le tribunal correctionnel de Tarbes. Absent à l’audience, il avait été condamné à deux ans de prison ferme. Après son arrestation en Charente-Maritime, il a été présenté à un juge des libertés et placé en détention dans l’attente de son transfert vers les Hautes-Pyrénées.
Un mode opératoire rodé et des victimes ciblées
Le scénario était presque immuable. L’homme multipliait les annonces sur des plateformes comme Le Bon Coin ou Tinder, visant principalement des femmes seules installées en milieu rural. Une fois le contact établi, il savait instaurer un climat de confiance, s’installer dans le quotidien de ses interlocutrices, puis se rendre indispensable. La rupture survenait brutalement, au moment où les économies disparaissaient.
Les préjudices financiers ont parfois atteint près de 20 000 euros. Pour éviter d’être repéré, il changeait régulièrement d’identité, de numéro de téléphone et de département. Son parcours, reconstitué par des journalistes d’investigation, montre qu’il aurait sévi dans une dizaine de territoires du sud et de l’ouest de la France.
Ce n’est finalement ni un faux nom ni un déplacement qui l’a trahi, mais un numéro de téléphone transmis aux enquêteurs par une victime. Les investigations techniques ont permis une géolocalisation, ouvrant la voie à l’arrestation.
L’homme n’en était pas à son premier passage devant la justice. En 2023, il avait déjà été interpellé à Tarbes à la suite de plaintes déposées par deux victimes. Le parquet l’avait alors laissé libre dans l’attente d’une convocation. Depuis, il aurait repris une vie d’errance, enchaînant les rencontres et les escroqueries selon un schéma similaire.
Du côté des victimes, l’arrestation est vécue comme un soulagement. Plusieurs d’entre elles envisagent désormais de se regrouper pour déposer plainte collectivement, tout comme les propriétaires du camping-car retrouvé lors de l’interpellation. Après vingt ans de déplacements et d’identités mouvantes, la trajectoire du suspect semble cette fois stoppée net, en attendant les suites judiciaires.