Les quatre personnes mises en examen après l’interruption du concert de l’Orchestre philharmonique d’Israël, le 6 novembre à la Philharmonie de Paris, ont à leur tour déposé plusieurs plaintes, notamment pour violences et violation du secret de l’enquête. Leur avocat, Me Mohamed Jaite, a dénoncé un « véritable lynchage » médiatique et physique à l’encontre de ses clients.
Des plaintes croisées après une soirée houleuse
Selon leur défense, les trois hommes et la femme mis en cause ont porté plainte dimanche pour violation du secret de l’enquête, après la diffusion sur une chaîne de télévision d’informations permettant, selon eux, de les identifier. Deux d’entre eux avaient déjà déposé plainte la veille pour violences, affirmant avoir été agressés par des spectateurs lors de leur intervention dans la salle de concert. L’un des plaignants a déclaré avoir eu « le crâne ouvert » et souffert de contusions, tandis qu’une autre a affirmé avoir perdu connaissance et avoir été hospitalisée. Tous deux évoquent la diffusion sur le réseau X de messages se félicitant des violences subies. Me Jaite assure que ses clients « n’avaient manifesté ni geste ni parole de nature à menacer quiconque », ajoutant que « les seules violences à la Philharmonie ont été exercées contre eux ».
Un concert sous haute tension, une enquête toujours en cours
Les incidents s’étaient produits dans la grande salle de la Philharmonie de Paris, où l’Orchestre philharmonique d’Israël donnait un concert. Les quatre personnes, toutes détentrices de billets, avaient tenté d’interrompre la représentation, notamment en déclenchant deux fumigènes. Le collectif Palestine Action France avait revendiqué cette action qu’il décrivait comme « pacifique », affirmant vouloir protester contre la guerre à Gaza. La Cité de la musique, la ministre de la Culture Rachida Dati et le préfet de police Laurent Nuñez avaient immédiatement condamné ces perturbations. Les prévenus ont été mis en examen pour plusieurs infractions, dont mise en danger d’autrui, dégradation volontaire par un moyen dangereux, détention de produit incendiaire sans motif légitime et refus de relevés signalétiques.
Entre dénonciations politiques et bataille judiciaire
Pour la défense, cette affaire illustre une dérive judiciaire et médiatique. Me Jaite dénonce un traitement disproportionné, estimant que ses clients ont été transformés en symboles d’un conflit politique. Le collectif Palestine Action France, de son côté, continue d’affirmer que son objectif était « d’empêcher la tenue d’un concert destiné à détourner l’attention des crimes commis à Gaza ». Les juges d’instruction poursuivent leurs investigations pour déterminer les responsabilités exactes et vérifier les faits de violence allégués par les différentes parties. La Philharmonie, de son côté, a renforcé ses dispositifs de sécurité pour les prochaines représentations.