Henri Mosson, dernier survivant du camp nazi de Natzweiler‑Struthof, est décédé à 101 ans. Regardez l'un de ses derniers témoignages. ( SGA du ministère des Armées)
Henri Mosson, dernier survivant du camp nazi de Natzweiler‑Struthof, est décédé à 101 ans. Regardez l’un de ses derniers témoignages. ( SGA du ministère des Armées)

Henri Mosson, reconnu comme le doyen des survivants du camp de concentration nazi de Natzweiler‑Struthof, installé en Alsace et unique camp de ce type sur le territoire français, est mort à l’âge de 101 ans dans la nuit de lundi à mardi à Dijon. Il aurait fêté ses 102 ans le 5 janvier prochain.

Un parcours marqué par la Résistance et la déportation

Né le 5 janvier 1924, Henri Mosson s’était engagé très jeune dans la Résistance, notamment pour fournir des armes aux maquisards bourguignons durant l’occupation allemande. Il fut arrêté en juin 1943 et condamné à mort à 19 ans. Sa sentence fut commuée en peine de déportation sous le régime Nacht und Nebel (« Nuit et Brouillard »), visant à faire disparaître sans laisser de traces les opposants politiques. Il fut interné au camp de Natzweiler‑Struthof dans le Bas‑Rhin, puis transféré à Dachau en Allemagne, où il fut libéré le 30 avril 1945.

Au fil des décennies, Mosson a partagé son expérience de manière inlassable, intervenant dans environ 200 établissements scolaires, y compris en Allemagne, pour transmettre la mémoire de ces événements tragiques aux jeunes générations. « Il faut informer les jeunes. On ne sait pas ce qui peut arriver », déclarait‑il récemment, soulignant l’importance de la vigilance face aux dérives de l’histoire.

Son fils veut faire perdurer le « flambeau de la mémoire »

La nouvelle de son décès a suscité de nombreux hommages. Son fils Gérard Mosson a déclaré qu’il honorerait « avec force et détermination » le « flambeau de la mémoire » transmis par son père. L’association Natzweiler‑Struthof, Histoire et mémoire a exprimé sa « profonde tristesse », rappelant Mosson comme un témoin clé de la Résistance et de la déportation auprès du grand public.

Dans un communiqué, François Rebsamen, président de l’agglomération de Dijon et ancien maire, a salué un homme qui avait « traversé l’horreur sans jamais céder à la haine ni à la tentation de l’héroïsation ». Mosson avait reçu la Légion d’honneur à l’occasion de son centième anniversaire, en janvier 2024.

Outre ses interventions publiques, son témoignage a été consigné dans un ouvrage autobiographique publié en mars 2025, intitulé Ma déportation. Ultime récit d’un déporté Nuit et Brouillard, dans lequel il relate son engagement, son arrestation, et son expérience au Struthof et à Dachau.

Partager