Dix-sept jours après sa disparition, la mort de Tyah continue de soulever de lourdes interrogations. Le parquet de Bordeaux a annoncé, mardi 3 février, l’ouverture d’une enquête judiciaire pour harcèlement scolaire, à la suite du suicide de cette adolescente de 16 ans, retrouvée pendue le 29 janvier dans un parc de Lormont, en périphérie de Bordeaux. L’enquête vise à vérifier la réalité des faits signalés par la famille de la jeune fille, sans qu’un lien direct entre un éventuel harcèlement et son décès ne soit, à ce stade, juridiquement établi.
Originaire de Pessac, Tyah avait quitté le domicile familial le dimanche 12 janvier, après le déjeuner, sans jamais regagner son lycée ni donner de nouvelles à ses proches. Son absence prolongée avait conduit la famille à alerter les autorités, déclenchant la diffusion d’un avis de recherche pour disparition inquiétante. Après plus de deux semaines d’investigations, son corps a été découvert par un promeneur dans le parc de l’Ermitage à Lormont.
Selon les éléments communiqués par le parquet, l’autopsie pratiquée vendredi dernier a confirmé un décès par asphyxie consécutive à une action exercée au niveau du cou, sans intervention d’un tiers. Ces conclusions médico-légales confortent la thèse du suicide. L’enquête judiciaire, confiée à l’Office mineurs (OFMIN), n’en demeure pas moins ouverte afin d’examiner le contexte personnel, scolaire et relationnel de l’adolescente.
À l’origine de cette procédure : un courrier adressé par la mère de Tyah au rectorat de l’académie de Bordeaux
Ce courrier a ensuite été transmis ensuite au parquet. Dans cette lettre, la famille évoque des faits de harcèlement scolaire dont l’adolescente aurait été victime au sein de son établissement. Le ministère public précise que l’enquête « s’attache à déterminer la véracité des faits dénoncés », en s’appuyant notamment sur des auditions de l’entourage, des élèves et des personnels éducatifs.
La famille de Tyah affirme que la jeune fille avait été impliquée dans une altercation avec d’autres lycéens le matin même de sa disparition, le 12 janvier. Cet épisode fait partie des éléments examinés par les enquêteurs, au même titre que les échanges sur les réseaux sociaux, le climat scolaire et les éventuels signalements antérieurs. À ce stade, le parquet rappelle qu’aucun élément ne permet d’établir formellement un lien de causalité entre un harcèlement avéré et le passage à l’acte.
Le décès de Tyah intervient dans un contexte national marqué par plusieurs drames similaires
Quelques jours plus tôt, une autre adolescente, Camélia, s’était donné la mort en Seine-et-Marne, le 13 janvier. Là encore, sa famille avait évoqué un harcèlement scolaire persistant. Ces affaires ravivent le débat sur la prévention, le repérage et la prise en charge des situations de souffrance psychologique chez les adolescents, ainsi que sur la responsabilité des institutions éducatives.
Du côté de l’Éducation nationale, une enquête administrative distincte a également été évoquée afin d’évaluer la gestion du dossier par l’établissement scolaire fréquenté par Tyah. Les autorités académiques assurent coopérer pleinement avec la justice.
Face à ces situations, les pouvoirs publics rappellent l’existence de dispositifs d’écoute et de prévention. Le numéro national 3114, accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, permet d’obtenir une aide gratuite et confidentielle en cas de détresse psychologique ou de pensées suicidaires. D’autres structures, destinées notamment aux adolescents et à leurs proches, sont également mobilisées pour tenter d’endiguer un phénomène qui continue de frapper le monde scolaire avec une régularité préoccupante.