Au musée du Louvre, le conflit social enclenché à la mi-décembre se poursuit. Lundi 2 février, une partie des salariés a voté la reconduction du préavis de grève, alors que la direction et le ministère de la Culture n’ont pas encore réussi à convaincre sur les revendications liées aux conditions de travail et aux rémunérations. L’établissement reste accessible, mais selon les jours et les effectifs mobilisés, la visite peut être fortement réorganisée.
Un accès maintenu, mais des perturbations selon les équipes disponibles
D’après des informations recueillies par l’AFP auprès d’une source syndicale, la reconduction a été votée lors d’une assemblée générale réunissant plus de 300 agents, avec un vote à l’unanimité. Dans la foulée, la direction a indiqué à l’AFP que le musée ouvrait de manière partielle en donnant la priorité au « parcours autour des chefs-d’œuvre », incluant notamment la Joconde et la Vénus de Milo.
Concrètement, le Louvre prévient sur son site que l’accueil peut être perturbé et que certaines salles peuvent rester fermées. Selon Christian Galani, délégué CGT cité par l’AFP, le nombre de grévistes ne permet pas, cette fois, une fermeture complète — contrairement à quatre journées depuis le lancement du mouvement. Même lorsque la grève n’était pas reconduite, les assemblées générales ont souvent entraîné un retard d’environ deux heures à l’ouverture, avec des touristes déjà présents aux entrées.
Salaires, sous-effectifs et tensions internes après le casse d’octobre
Le cœur des revendications porte sur les sous-effectifs et sur des écarts de rémunération avec d’autres personnels dépendant du ministère de la Culture, selon un communiqué de l’intersyndicale CGT-SUD-CFDT. Christian Galani a aussi expliqué à l’AFP qu’il manquait, à leurs yeux, un engagement suffisamment clair sur l’alignement salarial pour une partie des agents, même si des avancées auraient été obtenues pour les personnels d’accueil et de surveillance.
L’impact financier commence à peser : mi-janvier, la direction du Louvre avait évalué à « au moins 1 million d’euros » les pertes de recettes liées aux perturbations, un chiffrage rapporté par l’AFP. Le conflit s’inscrit aussi dans une période délicate pour le musée, fragilisé depuis le cambriolage du 19 octobre 2025 : des bijoux du XIXe siècle estimés à 88 millions d’euros ont été volés et n’ont toujours pas été retrouvés.