L’histoire a de quoi surprendre. Une femme a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis pour avoir utilisé l’identité de sa sœur afin de rendre visite illégalement à son ex-compagnon incarcéré. Un stratagème qui lui a permis d’entrer à la maison d’arrêt de Nantes à 28 reprises avant d’être démasquée.
L’affaire éclate le 30 septembre 2023, lorsqu’une violente dispute oppose les deux sœurs. L’une d’elles s’introduit dans l’appartement de l’autre sans autorisation, et l’altercation dégénère rapidement. Griffures, coups de poing, plusieurs témoins doivent intervenir pour les séparer. La victime porte plainte. À l’audience, l’accusée minimise les faits mais reconnaît avoir saisi sa sœur par les cheveux pour « la maîtriser ».
Derrière cette explosion de violence, un contentieux de plusieurs mois. L’une des deux femmes avait d’abord accepté de prêter son permis de conduire à l’autre, lui permettant de se faire passer pour elle lors de visites en prison, alors qu’elle-même n’avait pas le droit d’y entrer. Mais elle finit par revenir sur sa décision, déclenchant la colère de sa sœur.
Ce n’est qu’après son interpellation que l’ampleur de la supercherie apparaît : l’administration pénitentiaire constate que l’accusée a réussi à pénétrer clandestinement dans la maison d’arrêt 28 fois, sans que personne ne remette en cause l’identité figurant sur son badge de visite. « On peut s’interroger sur le fait qu’on puisse pénétrer dans une prison avec une photo qui n’est pas la sienne », relève son avocate.
Le tribunal correctionnel de Nantes a finalement prononcé une peine de quatre mois de prison avec sursis et 200 euros d’amende. Une sanction qui tient compte du double aspect de l’affaire : des violences au sein d’une même famille, mais aussi une atteinte à la sécurité des établissements pénitentiaires, comme l’a souligné le procureur. Une affaire aussi rocambolesque qu’inquiétante sur les failles du contrôle des visiteurs en prison.