Antibes - on sait enfin où vont aller les dauphins et les orques du Marineland
Antibes - on sait enfin où vont aller les dauphins et les orques du Marineland

Le feuilleton des cétacés du Marineland d’Antibes touche à un tournant décisif. Plus d’un an après la fermeture du parc au public, le ministère de la Transition écologique a réuni ONG, direction du site, représentants du Whale Sanctuary Project et responsables du zoo-parc de Beauval afin d’arrêter une solution concrète pour les douze dauphins et les deux orques encore présents sur place.

Pour les dauphins, l’orientation est désormais claire : ils devraient être transférés vers le centre dédié aux dauphins captifs du zoo-parc de Beauval. Le site, situé en France, est considéré par le ministère comme une option opérationnelle et rapide, capable d’accueillir les animaux dans un cadre déjà aménagé et conforme aux exigences réglementaires. Cette solution marque un choix pragmatique, privilégiant une structure existante plutôt qu’un projet en construction ou en attente d’autorisations.

Le cas des orques, lui, demeure plus sensible. Le gouvernement français avait affiché sa préférence pour un sanctuaire marin en Nouvelle-Écosse, au Canada, porté par le Whale Sanctuary Project. L’idée d’un espace semi-naturel, loin des delphinariums traditionnels, répondait aux attentes d’une partie de l’opinion publique et des associations de protection animale. Mais le projet canadien reste entouré d’incertitudes, notamment sur le plan financier et logistique. Les infrastructures ne sont pas encore pleinement opérationnelles et le calendrier demeure flou.

Tenerife en solution transitoire

Face à ces obstacles, le ministère envisage désormais un transfert vers le Loro Parque, à Tenerife, dans les îles Canaries. Ce parc marin, qui accueille déjà quatre orques, apparaît comme une solution d’urgence techniquement maîtrisée. Le choix ne constitue pas une validation définitive mais une réponse immédiate à la nécessité de reloger les deux animaux dans un établissement disposant déjà des installations adaptées.

La décision finale concernant les orques devrait être actée d’ici la fin mars. Ce délai vise à laisser une ultime marge d’évaluation, notamment sur la viabilité du sanctuaire canadien. Mais en l’état, la piste européenne semble la plus concrète.

Ce dossier illustre les tensions persistantes autour de l’avenir des cétacés captifs en France. Depuis l’interdiction progressive des spectacles avec dauphins et orques, la question du devenir des animaux existants s’est imposée comme un casse-tête juridique, éthique et financier. Entre partisans d’un transfert vers des sanctuaires marins et défenseurs de structures zoologiques encadrées, les arbitrages s’avèrent délicats.

À Antibes, les bassins restent vides de visiteurs mais pas de débats. Le sort des quatorze cétacés symbolise une transition plus large du modèle des parcs marins vers d’autres formes de prise en charge. Les prochaines semaines devraient sceller l’issue d’un dossier suivi de près par les associations, les collectivités locales et les autorités nationales.

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