Livraisons immédiates contre commandes à long termes (AP)
Livraisons immédiates contre commandes à long termes (AP)

Le match transatlantique reprend de plus belle. En ce début d’année 2026, Boeing a pris l’avantage sur Airbus en matière de livraisons d’avions, un indicateur scruté de près par les marchés et les compagnies aériennes. En janvier, le constructeur américain a livré 46 appareils, contre 19 pour son rival européen.

Ce total constitue pour Boeing un niveau comparable à celui observé en janvier 2019, juste avant la crise sanitaire qui avait plongé l’industrie aéronautique dans une dépression historique. La majorité des livraisons concerne le 737 Max, appareil longtemps fragilisé par des déboires techniques et réglementaires. Son retour en cadence confirme une normalisation progressive de la production et de la confiance des clients.

En face, Airbus affiche un démarrage nettement plus lent. Avec 19 livraisons en janvier, le groupe européen se situe à un niveau proche des plus bas enregistrés durant la période Covid. Habituellement, le rythme mensuel tourne autour d’une soixantaine d’appareils. Ce décalage peut s’expliquer par des ajustements industriels ou logistiques, le premier mois de l’année étant souvent marqué par des effets calendaires.

Livraisons immédiates contre commandes à long terme

Les livraisons reflètent les ventes effectivement concrétisées, c’est-à-dire les avions remis aux compagnies et intégrés à leurs flottes. Elles ont un impact direct sur le chiffre d’affaires. Mais dans l’aéronautique, un autre indicateur pèse tout autant, celui des carnets de commandes.

Sur ce terrain, Airbus conserve une avance confortable. Le constructeur européen totalise un peu plus de 8 700 appareils à livrer dans les années à venir, contre environ 6 700 pour Boeing. L’écart dépasse donc 2 000 avions, ce qui représente plusieurs années de production. Ces commandes correspondent aux engagements pris par les compagnies, souvent étalés sur le long terme et assortis de nombreuses options.

Il convient toutefois de distinguer les montants affichés en valeur catalogue et les prix réellement payés. Les contrats sont généralement négociés avec d’importantes remises, ce qui rend les chiffres bruts moins révélateurs de la rentabilité effective.

Le duel entre les deux géants s’inscrit dans un contexte international tendu, marqué par des rivalités commerciales persistantes entre les États-Unis et l’Europe. Si Boeing démarre l’année en tête sur les livraisons, il ne s’agit que d’un premier mois. L’industrie aéronautique fonctionne sur des cycles longs, où la régularité de la production et la solidité des carnets priment sur les performances ponctuelles.

La dynamique de 2026 dépendra donc de la capacité de chacun à tenir ses cadences, sécuriser ses chaînes d’approvisionnement et répondre à une demande mondiale toujours soutenue, portée par la reprise du trafic aérien et le renouvellement des flottes. En janvier, l’avantage est américain. Sur la durée, la compétition reste ouverte.

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