Dans le bush australien, loin des laboratoires high-tech et des budgets industriels colossaux, un drone conçu dans un simple garage a frôlé une vitesse qui ferait pâlir bien des engins professionnels. Le prototype, baptisé Blackbird, aurait atteint 690 km/h lors d’un vol d’essai. Une performance spectaculaire, encore en attente d’homologation officielle, mais qui secoue déjà le petit monde des drones à haute vitesse.
À l’origine de ce projet se trouve Benjamin Biggs, ingénieur autodidacte passionné d’aéronautique. Avec un budget estimé à environ 3 000 euros, soit le prix d’un drone grand public haut de gamme, il a assemblé pièce par pièce un quadricoptère à décollage et atterrissage verticaux. Loin d’un programme financé par une grande entreprise, le Blackbird est le fruit d’une démarche artisanale, documentée notamment par la chaîne spécialisée Drone Pro Hub.
Une tentative de record sous haute tension
Le vol d’essai s’est déroulé dans une zone isolée d’Australie, choisie pour limiter les risques et bénéficier d’un espace dégagé. La vitesse maximale annoncée, 690 km/h, a été mesurée sur une distance de 100 mètres, selon une méthodologie visant à assurer une certaine fiabilité des données. La moyenne enregistrée s’élèverait à environ 661 km/h.
Les mesures ont tenu compte du vent : lors du passage face au vent, la vitesse atteignait environ 635 km/h, tandis que le passage avec le vent culminait à 690 km/h. Malgré ces chiffres impressionnants, la performance n’a pas été validée par le Guinness World Records. Aucun observateur indépendant n’a pu être présent sur place, en raison de l’isolement du site d’essai. Sans certification officielle, l’exploit reste donc officieux.
À titre de comparaison, le record précédemment homologué était détenu par le Peregreen V4 de Luke Maximo Bell, avec une vitesse légèrement inférieure d’environ 3 km/h. Si les données du Blackbird étaient confirmées, il s’agirait d’un nouveau jalon dans la course à la vitesse pour les drones multirotors.
Une conception pensée pour la performance
Le Blackbird repose sur une architecture optimisée pour la légèreté et la puissance. Il embarque quatre moteurs AAX 2826 Competition, associés à deux batteries afin de fournir l’énergie nécessaire aux accélérations extrêmes. Chaque gramme superflu a été traqué. Les câbles moteurs traversent directement les bras du drone, ce qui permet de souder sans connecteurs intermédiaires aux contrôleurs de vitesse. Ce choix technique réduit le poids total et autorise des bras plus fins, améliorant l’aérodynamique.
Ce type de configuration montre jusqu’où peuvent aller les passionnés lorsqu’ils combinent savoir-faire technique et expérimentation. Si les drones grand public sont généralement conçus pour la stabilité et la captation d’images, le Blackbird s’inscrit dans une logique radicalement différente : celle de la performance pure. Reste désormais à savoir si une nouvelle tentative sera organisée dans des conditions permettant une homologation officielle. En attendant, ce quadricoptère né dans un garage démontre qu’à l’ère des technologies accessibles, l’innovation ne se limite plus aux géants de l’industrie.