Miss Univers à Monaco : un défilé raté au cœur d’un gala embarrassant et l’ombre planante des cartels mexicains
Miss Univers à Monaco : un défilé raté au cœur d’un gala embarrassant et l’ombre planante des cartels mexicains

Présenté comme un événement de prestige, le rendez-vous monégasque lié à Miss Univers a surtout donné l’image d’une opération confidentielle, peu relayée localement, sans présence du prince Albert, et rattrapée par les soupçons de triche et les accusations de trafics visant Raúl Rocha.

Un carrosse qui reste citrouille

Monaco devait être le décor parfait. Un gala, de la haute couture, Miss Universe 2025, des reines de beauté, la créatrice Giannina Azar, des invités internationaux et l’aura supposée de la Principauté. Sur le papier, l’opération avait tous les ingrédients d’une soirée glamour et pensée pour replacer Miss Universe dans un récit de prestige.

Mais les images diffusées depuis Monaco racontent une histoire beaucoup moins convaincante. Loin du grand événement monégasque annoncé, le défilé apparaît comme un événement confidentiel, organisé dans une salle quelconque, devant un public restreint, principalement composé d’invités issus de l’entourage latino-américain et de relais proches de Miss Univers, la reine de beauté illégitime dont l’élection a été entachée par la triche. À Monaco même, l’événement semble être passé presque inaperçu.

Un défilé embarrassant, loin du standing annoncé

Dans la communication entourant la soirée, Monaco occupait une place centrale. Le nom de la Principauté devait servir de décor afin de redonner de la crédibilité à l’organisation Miss Univers. Pourtant, sur place, rien ne semble indiquer que l’événement ait véritablement existé comme un grand moment monégasque.

Les images montrent Fátima Bosch, Miss Univers 2025, défilant pour Giannina Azar dans une robe, au milieu d’un dîner de gala. L’ensemble paraît particulièrement modeste au regard de l’ambition affichée. On y voit une salle, des tables, quelques invités, une scène, un écran de sponsor, un tapis rouge intérieur. Rien qui corresponde à l’image d’un événement qui compte du calendrier mondain de Monaco. Comme si Monaco avait surtout servi d’étiquette géographique, plus que de partenaire réel.

L’image de Fátima Bosch sur le tapis rouge devait être l’un des moments forts de la soirée. Miss Univers 2025, couronne sur la tête, robe volumineuse blanche, musique, lumière chaude, salle de réception : tout était pensé pour produire une image de glamour. Mais le résultat paraît laborieux. Personne ne semble reconnaître celle qui pense être une star internationale. La mise en scène manque d’ampleur, le public semble davantage assister à une animation de dîner qu’à un véritable défilé international, et l’ensemble donne l’impression d’un événement calibré pour quelques vidéos Instagram plutôt que pour une réelle reconnaissance publique.

À Monaco, où les codes du luxe et de la mise en scène sont particulièrement maîtrisés, ce flop est encore plus visible, pour ne pas dire grotesque. Une Miss Univers est censée incarner une figure mondiale et identifiable, capable d’attirer les regards au-delà de son propre cercle. Or à Monaco, l’accueil semble avoir été limité à un public déjà acquis

Le prince Albert, annoncé par certains pour glorifier l’événement, a brillé par son absence

L’un des éléments les plus révélateurs concerne le prince Albert II. Son nom avait été évoqué par certains acteurs de cet événement, comme si sa possible présence permettait de donner à l’événement une dimension institutionnelle et princière. Mais le prince Albert n’est finalement pas venu.

Le gala n’aura donc pas bénéficié de la validation symbolique que certains semblaient vouloir lui associer. À Monaco, cette nuance est importante. Une soirée peut se tenir sur le territoire sans être véritablement adoubée par la Principauté. L’absence du prince affaiblit donc considérablement le récit glamour construit autour du gala, et laisse apparaître finalement une opération de communication ratée.

Raúl Rocha, l’ombre encombrante des cartels

Autre présence qui interroge fortement du côté de Monaco : celle de Raúl Rocha, copropriétaire sulfureux de l’organisation Miss Univers. Ce dernier est associé au Mexique à un dossier lourd, mêlant cartels, accusations de trafic de carburant, trafic d’armes, blanchiment d’argent et liens présumés avec des réseaux criminels. Sous pression, il a reconnu devant la justice une participation financière à des opérations de contrebande de carburant, le huachicol, en présentant son rôle comme strictement financier. Et ce n’est pas ce gala raté et embarrassant qui est parvenu à effacer les scandales.

Miss Univers, la Miss illégitime

Pour couronner le tout, c’est le cas de le dire, s’ajoute la polémique autour de Fátima Bosch elle-même. Son élection comme Miss Universe 2025 a été contestée publiquement, notamment par l’ancien membre du jury Omar Harfouch, qui a dénoncé, preuves à l’appui, la triche et les conflits d’intérêts ayant entouré un concours totalement truqué.

Monaco devait servir à blanchir l’image de Miss Univers et de son sulfureux copropriétaire. Le résultat final aura provoqué exactement l’inverse et montré une nouvelle fois à quel point ce dicton venu du Moyen-Âge est toujours d’actualité, en particulier avec Miss Univers : l’habit ne fait définitivement pas le moine, ou plutôt, la couronne ne fait pas la Miss…

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