Mélatonine : des signaux d’alerte sur un possible risque cardiovasculaire @John spade
Mélatonine : des signaux d’alerte sur un possible risque cardiovasculaire @John spade

L’alerte lancée lors du congrès 2025 de l’American Heart Association relance le débat autour d’un complément alimentaire devenu courant. Longtemps perçue comme une aide au sommeil quasi inoffensive, la mélatonine fait désormais l’objet de doutes sérieux. Les chercheurs ayant analysé les dossiers médicaux de plus de 130 000 adultes souffrant d’insomnie observent qu’une utilisation prolongée pourrait être associée à une hausse notable des troubles cardiaques. Une corrélation qui soulève un sujet sensible : celui de la consommation continue de cette hormone synthétique, largement banalisée depuis plusieurs années.

Des corrélations préoccupantes mises en lumière

L’étude présentée à ce congrès repose sur cinq années d’observation et distingue clairement les patients ayant eu recours à la mélatonine pendant au moins un an. Les données indiquent que ce groupe présente une probabilité presque doublée de décéder toutes causes confondues, une hausse de près de 90 pour cent du risque d’insuffisance cardiaque et un taux d’hospitalisations multiplié par plus de trois pour cette même pathologie. Les chercheurs précisent qu’il ne s’agit pas d’une démonstration de causalité, mais d’un lien statistique suffisamment prononcé pour justifier des investigations approfondies. Ces résultats contrastent avec les avis émis quelques années plus tôt par l’agence sanitaire française, qui estimait en 2018 que les problèmes restaient rares. Entre-temps, l’usage de la mélatonine synthétique s’est massivement répandu dans les rayons de compléments alimentaires. Commercialisée pour réguler les cycles veille-sommeil et améliorer l’endormissement, elle a été adoptée par de nombreux adultes cherchant une alternative perçue comme naturelle et sans danger. Or, la multiplication d’usages quotidiens sur de longues périodes, parfois sur toute l’année, n’avait jusqu’ici été ni étudiée ni encadrée.

Un usage trop répandu, loin des recommandations initiales

Les spécialistes de la recherche sur le sommeil soulignent que la mélatonine ne devrait pas être utilisée comme traitement chronique de l’insomnie. Ils rappellent qu’aux États-Unis comme en France, elle est vendue en tant que complément alimentaire et non comme médicament, ce qui explique l’absence de strictes indications médicales. Plusieurs expertes s’étonnent pourtant que des patients la consomment en continu, certains pendant des années, alors qu’elle a été pensée à l’origine pour des usages ponctuels, notamment en cas de décalage horaire ou de troubles légers du rythme circadien. Les chercheurs insistent sur la nécessité d’une vigilance accrue, car l’hormone, naturelle lorsqu’elle est produite par la glande pinéale, devient une substance aux effets mal connus lorsqu’elle est administrée quotidiennement sous forme synthétique. Les études en cours devront permettre de préciser si la corrélation observée masque un lien direct ou s’explique par d’autres facteurs, tels que l’état de santé global des personnes concernées ou les pathologies associées à l’insomnie. En attendant d’obtenir des réponses définitives, les spécialistes appellent à limiter l’usage prolongé et à éviter toute prise automatique ou permanente. Ils rappellent que la mélatonine peut s’avérer utile lorsqu’elle est employée ponctuellement, mais qu’elle ne doit pas être considérée comme une solution durable à des troubles persistants du sommeil. Les résultats présentés ouvrent donc une phase d’interrogation nécessaire, dans un contexte où les compléments alimentaires occupent une place croissante dans les habitudes des consommateurs, parfois sans véritable suivi médical.

Que retenir rapidement ?

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