L’épidémie de grippe est loin d’avoir dit son dernier mot. Après un léger reflux observé en début d’année, la circulation des virus grippaux repart à la hausse chez les enfants, ravivant les inquiétudes des autorités sanitaires quant à une possible nouvelle vague touchant l’ensemble de la population. Selon le dernier bulletin hebdomadaire de Santé publique France, couvrant la période du 12 au 18 janvier 2026, l’activité grippale reste élevée sur l’ensemble du territoire métropolitain. Les indicateurs montrent une évolution contrastée selon les classes d’âge, avec une dynamique clairement défavorable chez les moins de 15 ans, tandis que la pression recule encore chez les adultes.
Une reprise marquée chez les moins de 15 ans
En ville, le recours aux soins pour syndrome grippal progresse nettement chez les enfants. Le taux de consultations atteint 272 pour 100 000 habitants, en hausse de 9 % sur une semaine. Cette augmentation intervient après la reprise scolaire de début janvier, un facteur régulièrement identifié comme un accélérateur de la transmission virale dans cette tranche d’âge. Aux urgences, la tendance est similaire. Après deux semaines consécutives de baisse, la part des passages liés à la grippe ou à des syndromes grippaux repart à la hausse chez les enfants. À l’inverse, elle continue de diminuer chez les adultes, confirmant un décalage temporel classique dans la diffusion de l’épidémie. Sur l’ensemble du territoire, 11 529 passages aux urgences pour syndrome grippal ont été recensés sur la semaine, soit une baisse globale de 6 %. Les hospitalisations après passage aux urgences diminuent encore plus nettement, avec 2 395 admissions, en recul de 24 %. Ces chiffres traduisent une pression hospitalière en léger allègement, malgré la reprise observée chez les plus jeunes.
Un risque de rebond chez les adultes difficile à anticiper
Les épidémiologistes restent prudents quant aux semaines à venir. La recrudescence des cas chez les enfants pourrait, selon Santé publique France, se traduire par une augmentation différée du recours aux soins chez les adultes. Ce phénomène, déjà observé lors de précédentes saisons grippales, dépend toutefois de nombreux facteurs, notamment la virulence des souches en circulation, le niveau d’immunité collective et la couverture vaccinale. À ce stade, il demeure complexe d’évaluer l’impact potentiel de cette reprise sur le système de soins. Les autorités sanitaires soulignent néanmoins la nécessité de maintenir la vigilance, en particulier dans les établissements accueillant des populations fragiles. La situation reste contrastée dans les territoires ultramarins. Les Antilles et la Guyane demeurent en phase épidémique active, tandis que Mayotte est repassée en post-épidémie et que La Réunion affiche désormais un niveau de circulation viral de base. Si la décrue observée chez les adultes se confirme, la reprise chez les enfants rappelle que l’épidémie de grippe suit rarement une trajectoire linéaire. La rentrée scolaire agit une nouvelle fois comme un catalyseur, laissant planer l’incertitude sur l’évolution de la situation sanitaire dans les semaines à venir.