Les syndicats ont rapporté que plusieurs cas de teigne avaient été recensés à Chilly-Mazarin depuis 2023, sans que des mesures claires de protection aient été déployées pour les agents en contact avec les enfants. Les autorités locales ont pourtant affirmé que toutes les précautions avaient été prises.
Des personnels inquiets face au manque d’information
Des parents d’élèves ont indiqué avoir reçu récemment un message de la direction d’une école maternelle signalant un cas de teigne parmi les élèves, sans autre précision sur les mesures sanitaires ou les conduites à adopter. Certains auraient alors dû effectuer eux-mêmes des recherches pour comprendre les symptômes de cette affection cutanée très contagieuse. Il leur aurait été reproché un manque de clarté dans la communication, ce qui aurait renforcé leur inquiétude. Du côté du personnel éducatif et des agents municipaux, plusieurs syndicats ont dénoncé une absence totale de directives ou de moyens de protection. Ils auraient comptabilisé cinq cas avérés depuis l’automne 2023, notamment dans plusieurs écoles et une maison de la petite enfance. Ils auraient aussi évoqué la possibilité de cas supplémentaires non diagnostiqués, ce qui accroîtrait la difficulté à limiter la propagation. Certains agents auraient expliqué devoir prendre eux-mêmes des précautions, comme se laver immédiatement après leur journée de travail, par crainte de transmettre l’infection à leurs proches. Ils auraient fait part d’un sentiment d’abandon, considérant ne pas avoir été informés ni soutenus par leur hiérarchie.
Des syndicats dénoncent un manque de réaction de la mairie
Les représentants syndicaux ont estimé que les autorités municipales avaient gardé le silence sur la situation, refusant même selon eux de convoquer une réunion spécifique pour traiter de la question en commission santé et sécurité. Ils auraient évoqué un climat d’opacité, dénonçant l’absence d’instructions officielles alors que les agents exprimaient des craintes légitimes pour leur santé et celle de leur entourage. Un appel à la grève a été lancé pour le 26 juin, motivé par ce que les syndicats qualifient de « défaillance dans la gestion du risque ». Ils ont également mis en garde contre une possible extension de la contagion à d’autres structures municipales pendant l’été, si des mesures de désinfection ne sont pas rapidement engagées et si une communication claire n’est pas adressée aux familles. La maire de Chilly-Mazarin, Rafika Rezgui (PS), interrogée sur ce point, a réfuté toute volonté de dissimulation. Elle a précisé que l’éviction temporaire des enfants contaminés avait été décidée en lien avec les services de l’Éducation nationale et que des opérations de nettoyage approfondi avaient été réalisées dans les établissements concernés ainsi que dans deux centres de loisirs. Elle a également souligné que les échanges avec la commission santé et sécurité devaient avoir lieu selon l’ordre du jour prévu, tout en assurant que le sujet serait bien abordé. La municipalité a minimisé la gravité de la maladie, comparant la situation à une épidémie de poux, et rappelé l’absence de traitement vaccinal ou de mesure curative spécifique. Ce climat de tension illustre une fois de plus la difficulté à gérer des alertes sanitaires dans un cadre scolaire déjà soumis à de fortes contraintes.