Octobre rose - prévenir, dépister, soigner, mais surtout agir en amont (pexels)
Octobre rose - prévenir, dépister, soigner, mais surtout agir en amont (pexels)

Chaque automne, Octobre rose rappelle l’urgence de la lutte contre le cancer du sein. Et cette année encore, les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec 105 cas pour 100 000 habitantes depuis 2022, la France détient le taux d’incidence le plus élevé au monde. La docteure Zeineb Lounici, sénologue au CHU de Bordeaux et membre de la Ligue contre le cancer, rappelle que 25 % de ces cancers sont liés à des causes évitables. Tabac, alcool, surpoids, sédentarité, traitements hormonaux… autant de facteurs de risque sur lesquels agir. La spécialiste pointe le contraste français : un pays capable de soigner avec efficacité, grâce aux thérapies innovantes comme l’immunothérapie, mais encore trop faible sur le terrain de la prévention. Pour elle, réduire ce quart évitable de cancers serait déjà un progrès décisif.

Le dépistage, un outil vital mais trop négligé

Depuis 2004, le programme national de dépistage organisé propose tous les deux ans une mammographie gratuite aux femmes de 50 à 74 ans. Pourtant, à peine 46 % d’entre elles y participent aujourd’hui, bien en dessous des recommandations européennes (70 %). Même en ajoutant les femmes à risque suivies individuellement, la couverture reste insuffisante. L’Île-de-France, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Centre-Val de Loire figurent parmi les régions les plus en retrait. Détecté tôt, un cancer du sein peut être guéri dans neuf cas sur dix. D’où l’importance d’élargir la participation et de rappeler l’intérêt d’associer une échographie mammaire à la mammographie. Cet examen, rapide et indolore, complète l’imagerie en distinguant par exemple une masse solide d’un kyste. Utilisée en amont, en complément ou lors d’une biopsie, l’échographie affine le diagnostic et évite des retards de prise en charge.

Une mobilisation qui doit dépasser la symbolique

Chaque année, plus de 61 000 nouveaux cas sont recensés en France et près de 13 000 femmes meurent encore de cette maladie. Derrière les rubans roses et les campagnes de sensibilisation, Octobre rose rappelle une vérité simple : la lutte contre le cancer du sein se joue sur trois fronts indissociables. La prévention, en agissant sur les comportements à risque. Le dépistage, qui reste la meilleure arme pour sauver des vies. Et les traitements, de plus en plus efficaces, mais qui ne suffisent pas à compenser le retard pris en amont. Le défi, selon la docteure Lounici, est d’ancrer dans les politiques publiques une vraie culture de la prévention. Car si les Françaises continuent d’être bien soignées, elles restent trop nombreuses à découvrir leur cancer trop tard. Et dans ce domaine, la science est claire : chaque diagnostic précoce change tout.

Que retenir rapidement ?

Chaque automne, Octobre rose rappelle l’urgence de la lutte contre le cancer du sein. Et cette année encore, les chiffres parlent d’eux-mêmes : avec 105 ca

Partager