Airbags Takata : Speedy, Norauto et d’autres garagistes refusent certains véhicules jugés trop dangereux
Airbags Takata : Speedy, Norauto et d’autres garagistes refusent certains véhicules jugés trop dangereux

Le ministère des Transports a annoncé ce mardi une nouvelle mesure de grande ampleur concernant les airbags Takata, jugés défectueux. 800 000 véhicules supplémentaires sont désormais soumis à une interdiction de circuler, portant à 1,7 million le nombre total de voitures frappées d’un « stop drive » en France. Cette mesure intervient après plusieurs accidents, dont un mortel survenu à Reims début juin.

Une interdiction de circuler étendue à de nombreux modèles

Les véhicules visés par le « stop drive » sont tous les modèles équipés d’un airbag Takata à risque dans les territoires d’Outre-mer et en Corse et les véhicules mis en circulation avant 2011 dans l’Hexagone (hors Corse), équipés de la même technologie.

Les conducteurs concernés ne doivent plus utiliser leur véhicule tant que les airbags n’ont pas été remplacés. Cette mesure, exceptionnelle par son ampleur, s’ajoute à celles déjà en vigueur sur certains modèles comme les Citroën C3 et DS3, pour lesquels le « stop drive » est appliqué depuis début juin.

Un rappel général de 600 000 véhicules en plus

Parallèlement, le ministère a ordonné le rappel général de 600 000 véhicules supplémentaires en France. Ces voitures ne sont pas soumises au « stop drive », mais doivent tout de même faire l’objet d’un contrôle et d’un remplacement préventif des airbags concernés. Les conducteurs peuvent continuer à circuler, mais sont vivement incités à faire vérifier leur véhicule dans les plus brefs délais.

Au total, 2,5 millions de véhicules sont désormais concernés en France par un rappel lié aux airbags Takata, dont 1,7 million frappés d’une interdiction de circuler.

Les airbags incriminés utilisent un gonfleur à nitrate d’ammonium sans agent desséchant, un composant chimique instable avec le temps, notamment en cas d’exposition prolongée à l’humidité ou à la chaleur. En se dégradant, le gonfleur peut exploser de manière incontrôlée lors du déploiement de l’airbag, projetant des fragments métalliques dans l’habitacle.

Ce défaut a causé plus de 30 morts dans le monde, dont 18 en France (16 en Outre-mer et 2 en métropole), ainsi que 25 blessés. Le dernier accident mortel en date s’est produit à Reims le 11 juin 2025. Une femme de 36 ans a été tuée par l’explosion de l’airbag de sa Citroën C3. Une passagère de 13 ans a été légèrement blessée.

Comment savoir si votre véhicule est concerné ?

Le ministère des Transports a mis en place une plateforme dédiée pour aider les automobilistes à vérifier la situation de leur véhicule. Vous voulez savoir si votre véhicule est concerné ? Visitez ce site:
https://www.ecologie.gouv.fr/rappel-airbag-takata

Le ministère a demandé aux constructeurs de mettre en place des solutions de mobilité temporaire pour les conducteurs concernés par le « stop drive » : mise à disposition d’un véhicule de courtoisie ou prise en charge des frais de location. Un arrêté ministériel sera publié dans les prochains jours afin de rendre ces dispositions obligatoires, en particulier à l’approche des congés estivaux.

Un rappel mondial sans précédent

Le rappel massif des airbags Takata est l’un des plus importants de l’histoire de l’automobile. Depuis 2013, plus de 100 millions de véhicules ont été rappelés à travers le monde, impliquant une dizaine de grands constructeurs : Honda, Toyota, BMW, Nissan, Mazda, Ford, Chrysler, PSA, entre autres. Takata a fait faillite en 2017, mais les rappels se poursuivent encore aujourd’hui, avec un niveau de risque qui augmente avec l’ancienneté des véhicules.

Partager