Perte de cheveux, hérédité, stress ou hormones… La calvitie traîne son lot de mythes depuis des décennies. Pourtant, les recherches récentes montrent que la réalité est bien plus nuancée. Trois dermatologues et chirurgiens capillaires ont accepté de remettre un peu d’ordre dans les idées reçues.
Non, la calvitie ne vient pas que du côté maternel
On entend souvent dire que le gène de la calvitie viendrait uniquement du grand-père maternel. C’est faux. Si un des gènes associés à l’alopécie androgénétique se situe bien sur le chromosome X, transmis par la mère, la perte de cheveux dépend en réalité d’un ensemble de gènes hérités des deux parents. D’autres facteurs comme les hormones, le mode de vie et l’environnement jouent également un rôle. Autrement dit, aussi bien le père que la mère peuvent transmettre une prédisposition à la calvitie.
Le stress ne rend pas chauve, mais il peut accélérer la chute
Le stress affecte le corps tout entier, y compris le cuir chevelu. Il peut provoquer une chute temporaire de cheveux appelée « effluvium télogène ». Ce phénomène se déclenche souvent après un choc émotionnel ou physique intense et entraîne le passage prématuré d’une grande partie des cheveux en phase de chute. Les cheveux repoussent généralement en quelques mois, contrairement à la calvitie hormonale, qui est progressive et durable. Le stress n’est donc pas la cause directe de la calvitie, mais il peut en amplifier les effets chez les personnes déjà prédisposées.
Être chauve ne rend pas plus fertile
Autre idée tenace : les hommes chauves seraient plus virils ou plus fertiles. Là encore, la science dément. La confusion vient du rôle de la testostérone, hormone masculine impliquée à la fois dans la libido et la chute des cheveux. Chez certains hommes, la testostérone se transforme en dihydrotestostérone (DHT), qui fragilise les follicules pileux et provoque une perte progressive. Avoir plus de DHT ne signifie pas être plus fertile, bien au contraire. Certaines études indiquent que les hommes sujets à une calvitie précoce présentent souvent une qualité de sperme légèrement inférieure. En résumé, la calvitie est le résultat d’une combinaison de gènes, d’hormones et de facteurs de mode de vie. Pas d’un grand-père maternel, ni d’un excès de virilité. Et surtout, contrairement à un autre cliché bien ancré, elle ne signe en rien une perte de charme.