Bronzer derrière une vitre ? Une illusion partielle, mais pas sans risque
Bronzer derrière une vitre ? Une illusion partielle, mais pas sans risqueBronzer derrière une vitre ? Une illusion partielle, mais pas sans risque

Long trajet d’été, bras nonchalamment posé contre la vitre, impression agréable d’être à l’abri… et pourtant. Contrairement à ce que beaucoup pensent, les vitres n’offrent pas une protection solaire totale. Si elles arrêtent une partie des rayons ultraviolets, elles laissent tout de même passer ceux qui pénètrent profondément la peau et accélèrent son vieillissement. Et dans certains cas, il est même possible de bronzer – légèrement – sans jamais mettre le nez dehors. C’est principalement la nature du verre qui fait la différence. Le pare-brise d’un véhicule, par exemple, bloque la quasi-totalité des rayons UV, grâce à sa composition en verre feuilleté. Selon une étude de 2016, il filtre jusqu’à 96 % des UVA, ces rayons invisibles responsables du bronzage immédiat et d’un vieillissement prématuré de la peau. Les vitres latérales, en revanche, offrent une bien moindre résistance. Fabriquées en verre trempé, elles laissent passer entre 30 et 45 % des UVA selon les modèles. Résultat : les bras et les visages exposés sur les côtés du véhicule, ou sous un toit ouvrant, reçoivent une dose non négligeable de rayonnement solaire.

Une protection trompeuse qui laisse passer les UVA

Les maisons et trains ne font guère mieux. Si les vitres classiques stoppent efficacement les UVB (coupables des coups de soleil et de nombreux cancers cutanés), elles laissent filer une grande partie des UVA. Ceux-ci sont d’autant plus insidieux qu’ils n’entraînent pas de douleur immédiate, mais peuvent tout de même provoquer un bronzage diffus et des lésions à long terme. Derrière une baie vitrée ou dans une véranda surchauffée, on ne sent pas la morsure directe du soleil, mais la peau enregistre bel et bien l’exposition. Les effets peuvent être visibles à l’œil nu, comme l’ont montré certaines études menées sur les conducteurs de véhicules professionnels. Sur les personnes exposées quotidiennement derrière une vitre, les dommages cutanés apparaissent plus marqués du côté du visage tourné vers la fenêtre. Une asymétrie qui illustre bien à quel point les protections vitrées peuvent être incomplètes. La conclusion s’impose : être en intérieur ne dispense pas de prudence. Crèmes solaires, films anti-UV ou vêtements couvrants gardent leur utilité, même en apparence à l’abri. Car une vitre, aussi transparente soit-elle, ne filtre ni le temps ni la lumière et encore moins leurs effets sur la peau.

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