La Commission européenne a annoncé jeudi l’ouverture d’une procédure formelle contre la Slovaquie, estimant que la récente réforme constitutionnelle adoptée à Bratislava accorde une primauté excessive au droit national sur la législation européenne. Cette disposition, portée par le gouvernement du Premier ministre Robert Fico, est perçue par Bruxelles comme une menace directe contre la primauté du droit de l’Union, l’un de ses principes fondateurs.
Adoptée malgré de vives critiques, la réforme établit que certaines décisions européennes ne peuvent s’appliquer en Slovaquie que si elles respectent la constitution nationale. Pour la Commission, ce mécanisme affaiblit la cohérence juridique de l’UE et crée un précédent dangereux, déjà observé dans des tensions similaires avec d’autres États membres par le passé.
Robert Fico, figure populiste revenu au pouvoir en 2023, a rejeté les accusations, assurant qu’il n’entendait pas modifier la constitution sous la pression de Bruxelles ou des procédures en cours. Selon lui, le texte protège la souveraineté du pays et ne vise pas à entrer en conflit avec l’Union.
En Slovaquie, l’opposition met toutefois en garde contre une dérive inquiétante : certains responsables politiques y voient les prémices d’un éloignement progressif de l’UE, voire la construction d’un cadre juridique susceptible d’alimenter, à terme, un débat sur une possible sortie. La procédure engagée par Bruxelles, qui pourrait mener jusqu’à la Cour de justice de l’Union européenne, ouvre une nouvelle phase de confrontation entre la Slovaquie et les institutions européennes, dans un contexte déjà tendu autour de l’État de droit.