Nouvel affrontement entre La France insoumise et la droite sur la politique agricole. Mercredi 21 octobre, la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale a rejeté une proposition de loi portée par LFI visant à rétablir l’interdiction de deux substances phytosanitaires, l’acétamipride et le flupyradifurone. Mathilde Panot a dénoncé les dérogations accordées à certaines filières agricoles, tandis que le Rassemblement national et Les Républicains ont défendu la nécessité de préserver la compétitivité des exploitations françaises.
La présidente du groupe insoumis considère que le maintien de ces substances dans certaines conditions constitue un recul en matière de protection de l’environnement et de santé publique. Elle critique notamment les dispositions introduites par la loi d’urgence agricole, qui permettent des dérogations pour certaines productions. Pour LFI, la priorité doit être donnée à la réduction de l’exposition aux pesticides et au développement de solutions alternatives.
Le RN accuse LFI de menacer la filière betteravière
Le député apparenté RN Eddy Casterman a vivement contesté cette approche, estimant qu’une interdiction fragiliserait les producteurs français de betteraves et les sucreries. Il considère que les exploitants risqueraient de subir une concurrence accrue de pays autorisant des produits phytosanitaires dont l’utilisation serait interdite en France.
Émeline Rey-Rinchet, députée de la Droite républicaine, a également critiqué la proposition insoumise. Jean-René Cazeneuve, du groupe Ensemble pour la République, a pour sa part rappelé que les dérogations prévues par la législation restent soumises à l’évaluation scientifique de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, l’Anses.
Le débat oppose ainsi deux préoccupations : limiter les risques environnementaux et sanitaires associés aux pesticides, tout en préservant la capacité de production de certaines filières agricoles confrontées à des difficultés économiques. Les effets et les risques des substances concernées doivent être appréciés à partir des évaluations scientifiques et des conditions précises de leur utilisation.

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