Lundi soir, Jean-Luc Mélenchon est venu jouer les chefs de troupe à la Maison de la mutualité, pour le dernier grand rendez-vous de campagne de Sophia Chikirou avant le premier tour des municipales, le 15 mars. Salle conquise d’avance, cadres de La France insoumise alignés autour de la députée : le message se voulait limpide, presque martial. Face aux controverses qui collent à sa candidature, Chikirou a choisi le registre du combat et de la peau dure, dénonçant « des calomnies », « des menaces » et « des agressions », et se posant en figure de « résistance ». LFI serre les rangs, comme on resserre une armure avant d’entrer dans l’arène.
À gauche, la bataille des egos avant la bataille des voix
Dans son viseur, la candidate n’a pas lâché Emmanuel Grégoire et le Parti socialiste, accusés de participer à la « perpétuation du chaos généralisé ». L’offensive dit beaucoup de l’état de la gauche parisienne : chacun veut sa bannière, sa ligne, son morceau de capitale, quitte à transformer l’avant-scrutin en match de boxe fratricide. Pour LFI, la stratégie d’autonomie ressemble à un pari à haut risque : utile pour exister, dangereuse quand il faudra additionner, négocier, rassembler au second tour. Et dans une ville où les réserves de voix font la loi, la question flotte déjà dans l’air : cette démonstration de force suffira-t-elle à convertir l’énergie militante en dynamique électorale ?