Coup de théâtre à Berlin. Après un premier échec retentissant mardi matin, Friedrich Merz a finalement été élu chancelier d’Allemagne au second tour de scrutin, obtenant la majorité relative nécessaire. Le suspense aura duré toute la journée au Bundestag, révélant les tensions persistantes au sein même de l’alliance qu’il dirige. Le chef de la CDU accède enfin au poste qu’il convoite depuis plus de deux décennies, dans un pays en crise économique et politique.
Une victoire sous pression et sous les regards de l’extrême droite
Avec 316 voix requises pour être élu dès le premier tour, Merz n’en avait obtenu que 310 dans la matinée. Mais lors du second vote, où seule la majorité relative est nécessaire, il a pu compter sur l’appui de son camp et probablement sur quelques ralliements non assumés, peut-être même venus des rangs de la droite nationale, ce qui alimente déjà la controverse. La photo d’Alice Weidel, cheffe de file de l’AfD, félicitant Merz à la sortie du Bundestag, a déjà fait le tour des réseaux sociaux et fait grincer des dents.
Friedrich Merz devient ainsi le dixième chancelier de l’Allemagne moderne, succédant au social-démocrate Olaf Scholz. À 69 ans, l’ancien rival d’Angela Merkel prend la tête d’un pays affaibli économiquement, confronté à la montée de l’extrême droite et à une guerre commerciale larvée avec les États-Unis de Donald Trump. Sa première visite à l’étranger est prévue dès ce mercredi à Paris, où il rencontrera Emmanuel Macron.
Mais les observateurs sont déjà nombreux à souligner que cette élection au forceps fragilise son autorité avant même le début de son mandat. La question désormais est de savoir combien de temps Friedrich Merz tiendra, et avec qui.