PARIS – La tension diplomatique entre la France et l’Algérie a franchi un nouveau seuil mercredi, avec l’annonce par Paris de l’expulsion de plusieurs détenteurs de passeports diplomatiques algériens, en réponse directe à une décision similaire prise par Alger. Cette mesure marque une nouvelle détérioration des relations bilatérales, que le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a qualifiées de « totalement bloquées ».
Selon le ministère français des Affaires étrangères, un haut diplomate algérien a été convoqué mercredi pour se voir notifier la décision d’expulser des Algériens titulaires de passeports diplomatiques ne disposant pas de visa. Le communiqué précise que la France « se réserve le droit de prendre des mesures complémentaires en fonction de l’évolution de la situation ». Le nombre exact d’expulsés n’a pas été communiqué.
Cette riposte intervient quelques jours après que l’Algérie a informé le chargé d’affaires français que 15 agents diplomatiques français seraient expulsés pour séjour irrégulier, selon l’agence de presse officielle algérienne APS. Cette initiative faisait suite à un regain de tensions entre les deux pays, sur fond de différends politiques et diplomatiques persistants.
Les relations franco-algériennes, historiquement complexes depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, ont connu un nouvel épisode de crispation l’an dernier lorsque le président Emmanuel Macron a publiquement soutenu la position du Maroc sur le Sahara occidental, un sujet hautement sensible pour Alger. Bien qu’une tentative de rapprochement ait été amorcée récemment avec la visite de Barrot à Alger, cette initiative semble avoir été de courte durée.
Interrogé mercredi sur BFM TV, Jean-Noël Barrot a reconnu l’impasse actuelle. « Nous avons tenté une reprise du dialogue. Malheureusement, les derniers gestes du gouvernement algérien rendent cette reprise impossible dans l’immédiat. Les relations sont aujourd’hui totalement bloquées », a-t-il déclaré, sans donner de détails sur d’éventuelles médiations à venir.
Ce nouvel affront diplomatique menace de geler davantage les relations économiques, sécuritaires et migratoires entre les deux pays, à un moment où les enjeux communs en Méditerranée restent majeurs.