Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a exhorté mercredi les alliés européens de Kiev à utiliser les avoirs russes gelés afin de dissuader Moscou de poursuivre sa guerre contre l’Ukraine. À la veille d’un sommet crucial de l’Union européenne consacré à cette question sensible, le chef de l’État ukrainien a appelé à une décision forte pour montrer à la Russie que la poursuite des combats serait « inutile ».
Dans son allocution du soir, Zelensky a insisté sur l’enjeu stratégique de ces discussions pour l’avenir du continent. « L’issue de ces réunions – l’issue pour l’Europe – doit être telle que la Russie comprenne que sa volonté de poursuivre les combats l’année prochaine sera vaine, car l’Ukraine bénéficiera de soutien », a-t-il déclaré, plaidant pour un engagement clair et durable en faveur de Kiev.
Le président ukrainien a notamment demandé aux partenaires européens de trancher sur l’utilisation des quelque 250 milliards de dollars d’avoirs souverains russes gelés au sein de l’Union européenne. Ces fonds, dont la majorité est conservée par le dépositaire financier Euroclear en Belgique, pourraient servir de garantie pour un prêt destiné à soutenir l’Ukraine sur les plans militaire et économique.
La semaine dernière, les gouvernements de l’UE se sont accordés pour maintenir le gel de ces avoirs aussi longtemps que nécessaire, mettant fin au mécanisme de renouvellement tous les six mois. Cette décision vise à offrir plus de stabilité juridique, mais elle ne règle pas la question de leur utilisation concrète au profit de l’Ukraine.
Plusieurs dirigeants européens restent réticents à franchir ce pas, invoquant des risques juridiques et des précédents potentiellement dangereux pour le système financier international. Ces réserves alimentent un débat délicat au sein de l’UE, partagé entre la volonté de renforcer l’aide à l’Ukraine et la crainte de conséquences légales et économiques à long terme.
En appelant à une action résolue, Zelensky cherche à transformer ces avoirs gelés en levier stratégique contre Moscou. Pour Kiev, l’enjeu est clair : convaincre l’Europe que l’utilisation de ces fonds pourrait non seulement soutenir l’effort ukrainien, mais aussi réduire l’« appétit de guerre » de la Russie en démontrant que le coût du conflit continuera de s’alourdir.