L’Union européenne devrait déployer des formateurs militaires en Ukraine une fois la guerre terminée, dans le cadre des garanties de sécurité promises à Kiev, a déclaré vendredi le général Sean Clancy, président du comité militaire de l’UE et principal conseiller militaire du bloc.
Dans un entretien à Reuters, le général Clancy a estimé qu’une telle présence européenne sur le sol ukrainien serait « optimale » pour consolider les capacités de défense de l’armée ukrainienne et prévenir de futures agressions russes. « L’Europe peut assurer un niveau de formation très élevé. Une partie de cette formation se déroulera-t-elle en Ukraine ? Je pense que ce serait l’idéal », a-t-il affirmé.
Cette proposition s’inscrit dans le cadre de la mission d’assistance militaire de l’Union européenne (EUMAM Ukraine), qui a déjà permis de former plus de 80 000 soldats ukrainiens dans différents États membres depuis son lancement en 2022. Le général a précisé que le transfert d’une partie de cette mission sur le territoire ukrainien dépendra des conditions du cessez-le-feu ou d’un éventuel accord de paix, ainsi que de l’accord unanime des 27 pays membres.
La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, avait déjà évoqué en septembre un large consensus au sein de l’Union pour envisager cette étape, tout en soulignant la nécessité d’une évaluation précise des risques et des besoins.
Clancy a également replacé cette perspective dans un contexte plus large : celui de la montée en puissance militaire de l’Europe. L’Union vise à être capable d’assurer sa propre défense d’ici 2030, tout en maintenant un partenariat fort avec les États-Unis. Selon lui, la relation transatlantique « restera essentielle », notamment parce que les forces européennes continueront d’utiliser des équipements américains tels que les systèmes Patriot ou les avions de chasse F-35 « pour plusieurs décennies encore ».
Cette orientation stratégique traduit la volonté de l’UE de devenir un acteur militaire plus autonome, tout en préparant les conditions d’une stabilité durable en Ukraine et sur le flanc oriental de l’Europe.