La centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d’Europe, reste l’un des dossiers les plus sensibles de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Située dans le sud-est du pays, elle est sous contrôle russe depuis les premiers mois du conflit, tandis que Kiev continue d’en revendiquer la souveraineté et d’alerter sur les risques pour la sécurité nucléaire.
L’installation, officiellement exploitée par l’Ukraine avant la guerre, est aujourd’hui à l’arrêt. Moscou affirme vouloir relancer progressivement la production d’électricité, alors que l’Ukraine et ses partenaires occidentaux jugent cette perspective dangereuse dans une zone toujours militarisée. Les combats à proximité, les frappes de drones et les coupures d’électricité ont déjà, à plusieurs reprises, fait craindre un accident majeur.
La centrale fait l’objet d’une surveillance permanente de l’Agence internationale de l’énergie atomique, dont des experts sont déployés sur place pour évaluer l’état des réacteurs et des systèmes de sécurité. L’agence répète que la situation reste précaire et appelle à l’établissement d’une zone de protection autour du site afin d’éviter toute escalade militaire.
Le sort de Zaporijia pourrait également s’inviter au cœur des discussions diplomatiques. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué que la centrale figurait parmi les sujets susceptibles d’être abordés avec le président américain Donald Trump, alors que les efforts internationaux pour parvenir à une issue au conflit se multiplient.
Washington a évoqué différentes options, allant d’une supervision internationale renforcée à un rôle accru des États-Unis dans la gestion ou la sécurisation du site. Ces propositions se heurtent toutefois aux positions opposées de Moscou et de Kiev, chacune refusant de céder le contrôle ou la responsabilité de l’installation.
En l’absence d’accord politique, la centrale de Zaporijia demeure un symbole des tensions persistantes entre la Russie et l’Ukraine, mais aussi un enjeu majeur pour la sécurité énergétique et nucléaire de toute l’Europe.