Arrivé ce lundi 4 août dans le port de Marseille, le plus grand porte-avions américain a finalement fait escale en France, deux ans après un premier passage manqué. Initialement attendu en 2023, le bâtiment avait été redirigé vers la Méditerranée orientale à la suite de la guerre à Gaza. Cette année, aucun contre-ordre : le mastodonte de l’US Navy, accompagné du destroyer Winston S. Churchill, reste dans la cité phocéenne jusqu’au 9 août, selon la préfecture des Bouches-du-Rhône. Pendant sa présence, un périmètre de 100 mètres autour du navire est interdit à toute activité maritime ou nautique.
Symbole militaire et diplomatique flottant
Long de 337 mètres, large de 78, pesant 100 000 tonnes, l’« USS Gerald R. Ford » est un concentré de puissance nucléaire. Équipé de deux réacteurs, il fournit plus du double d’électricité que ses prédécesseurs et abrite un équipage d’environ 4 500 soldats. Sur son pont d’envol de 20 000 m², des avions de guerre prêts à décoller à tout moment. Entré en service opérationnel fin 2022, ce bâtiment est le premier d’une nouvelle série destinée à remplacer les vénérables porte-avions de classe Nimitz. Le chantier naval, lancé en 2007, aura coûté 13 milliards de dollars aux contribuables américains. Mais au-delà de sa démonstration de force, cette escale est aussi une manœuvre diplomatique. Selon l’ambassadeur des États-Unis en France, Charles Kushner, sa présence incarne « l’alliance franco-américaine ». Le personnel du navire profitera de l’étape pour visiter Marseille, Paris et Monaco. L’occasion d’afficher un partenariat stratégique sans trop de discrétion.