Le groupe italien de défense Leonardo est disposé à proposer des technologies avancées de drones à l’Ukraine, mais n’envisage pas pour l’instant d’y établir une usine, a déclaré son directeur général Roberto Cingolani dans une interview au journal Corriere della Sera publiée samedi.
« Nous pouvons coopérer sur le plan technologique, notamment dans le domaine des drones, mais nous n’avons pas de projet d’implantation industrielle en Ukraine pour le moment », a précisé Cingolani. Cette déclaration intervient alors que le gouvernement italien, sous la houlette de la Première ministre Giorgia Meloni, renforce ses engagements envers Kiev dans le cadre de l’effort de guerre contre la Russie.
Jeudi, Rome a accueilli une conférence internationale destinée à mobiliser les soutiens politiques, économiques et militaires à l’Ukraine. À l’issue de cette rencontre, Meloni a annoncé que les pays participants avaient promis plus de 10 milliards d’euros (12 milliards de dollars) d’aide supplémentaire.
Leonardo, principal groupe de défense italien et acteur majeur de l’industrie aérospatiale européenne, est depuis longtemps un fournisseur stratégique des forces armées de plusieurs pays membres de l’OTAN. Son implication dans des technologies de drones, en particulier dans les segments de reconnaissance et de frappe, est considérée comme un atout potentiel pour les forces ukrainiennes, qui misent de plus en plus sur ces systèmes dans leur guerre d’usure contre l’armée russe.
Cependant, la décision de ne pas implanter d’usine en Ukraine traduit la prudence du groupe face à la volatilité de la situation sécuritaire sur le terrain. Depuis le début de l’invasion russe en 2022, plusieurs infrastructures militaires et industrielles en Ukraine ont été ciblées à de nombreuses reprises par des frappes aériennes, rendant tout investissement direct risqué à court terme.
Roberto Cingolani a par ailleurs rappelé que Leonardo continuait à travailler en étroite coordination avec le gouvernement italien et ses partenaires européens dans le cadre des politiques communes de défense, tout en précisant que toute coopération avec l’Ukraine s’inscrirait dans un cadre légal strictement défini par Rome.
Pour l’heure, aucune précision n’a été apportée sur le type exact de technologies de drones susceptibles d’être proposées à Kiev, ni sur la nature de la coopération envisagée — qu’elle soit basée sur la fourniture directe de systèmes, de logiciels ou d’assistance technique.