Le VIIIᵉ Congrès des leaders des religions mondiales et traditionnelles se tient les 17 et 18 septembre 2025 à Astana, la capitale du Kazakhstan. Il constitue une tribune internationale majeure pour le dialogue interreligieux, la coopération spirituelle et l’engagement face aux crises contemporaines. Cet événement rassemble plus d’une centaine de délégations originaires d’une soixantaine de pays, dont des représentants des grandes religions comme l’islam, le christianisme, le bouddhisme, le judaïsme, l’hindouisme, le taoïsme, le shintoïsme et le zoroastrisme.
Un forum international au cœur des enjeux mondiaux
Dans son discours inaugural, le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, a constaté que le monde traverse une période marquée par l’augmentation des tensions et des conflits, ce qui rend la mission de dialogue interreligieux « exceptionnelle » et nécessaire. Les réunions qui ont suivi se sont articulées autour de sessions plénières et de tables rondes thématiques dont le thème central est « Le dialogue interreligieux, une synergie pour l’avenir ». Les débats ont porté sur des sujets tels que les valeurs spirituelles à l’ère numérique, la protection des lieux de culte, le rôle des religions dans la prévention de l’extrémisme et la contribution des jeunes leaders religieux.
Plusieurs figures emblématiques figurent parmi les invités de marque. Parmi celles-ci, on compte le patriarche Kirill de Moscou, le grand imam d’Al-Azhar Cheikh Ahmed el-Tayeb, ainsi que Mohammad bin Abdulkarim al-Issa, Secrétaire général de la Ligue islamique mondiale. En outre, des leaders bouddhistes de Thaïlande et du Japon prendront part à ce rassemblement interconfessionnel, ce qui souligne l’ouverture géographique de l’événement.
Le Congrès réunit non seulement les autorités religieuses, mais aussi des représentants d’organisations internationales, des universitaires, des personnalités publiques et des jeunes engagés. En tout, plus de 700 participants ont fait le déplacement.
Le Kazakhstan, pays hôte à la croisée des civilisations
Le pays qui accueille ce forum, le Kazakhstan, joue un rôle historique comme carrefour des cultures et des religions. Dans son allocution, le président Tokaïev a rappelé que « sur la terre kazakhe, toutes les religions principales et confessions se sont succédé ou coexisté pacifiquement », ce qui justifie le choix d’Astana comme lieu de dialogue. Depuis son indépendance, le Kazakhstan s’efforce en effet de promouvoir un modèle de tolérance religieuse et ethnique. Une institution nationale reconnue, l’Assemblée des peuples du Kazakhstan, incarne cette volonté de vivre dans la diversité. La géographie politique du pays, son histoire de carrefour entre l’Asie centrale, l’Europe de l’Est et les routes de la Soie, confèrent à Astana une légitimité particulière pour accueillir un tel Congrès.
Outre le symbolisme, ce Congrès est attendu comme un moment d’action. Les participants expriment l’espoir que les débats ne restent pas théoriques, mais produisent des décisions concrètes, comme des déclarations officielles remises aux Nations unies ou encore des projets interreligieux de terrain.
La deuxième édition du Forum des jeunes leaders religieux, qui se tient en parallèle, doit offrir une tribune aux jeunes voix souvent absentes des sommets internationaux mais qui sont essentielles pour construire la paix et la coexistence sur le long terme.