Ce jeudi, treize personnes, dont l’ex-directeur du parc animalier des Pyrénées, comparaissent devant le tribunal correctionnel de Cahors pour un vaste trafic d’espèces protégées à l’échelle européenne. Des rossignols du Japon, chardonnerets élégants, geais verts ou callistes à cou bleu figuraient parmi les espèces capturées illégalement dans tout le sud-ouest de la France, avant d’être écoulées en Belgique et aux Pays-Bas. L’enquête, entamée en 2015, avait permis la saisie de 430 oiseaux et plus de 140 pièges dans une trentaine de sites.
Une affaire hors norme par son ampleur
Selon la procureure de Cahors, cette affaire constitue l’un des plus importants démantèlements de trafic d’oiseaux en France. La période des faits s’étend de 2012 à 2018 et implique une multitude d’acteurs : ornithologues, collectionneurs, revendeurs, mais aussi un parc zoologique accusé d’avoir bénéficié des captures. Certains oiseaux, recherchés pour leur plumage ou leur chant, pouvaient se vendre jusqu’à 600 euros l’unité. Dix personnes ont déjà été condamnées dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.
L’affaire est suivie de près par plusieurs associations environnementales, dont la LPO, France Nature Environnement et le Muséum national d’histoire naturelle, toutes parties civiles au procès. Elles dénoncent une filière organisée, structurée et motivée à la fois par le profit et la quête obsessionnelle de l’oiseau rare. Le verdict du tribunal de Cahors est attendu dans les prochaines semaines.