Turquie : des mères kurdes appellent à l’amnistie des combattants du PKK et à la paix
Turquie : des mères kurdes appellent à l’amnistie des combattants du PKK et à la paix

À Ankara, des mères de combattants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont lancé mercredi un appel poignant aux parlementaires turcs, demandant l’amnistie pour leurs enfants et la fin de décennies de conflit. Réunies devant une commission parlementaire chargée de superviser le processus de désarmement du groupe, elles ont réclamé une véritable chance de réconciliation.

« Nous, les mères, ne voulons plus pleurer. Enterrons les armes, pas nos enfants », a déclaré Nezahat Teke, membre du collectif des Mères de la paix, en s’exprimant dans un turc hésitant. Portant un foulard blanc, symbole de ce mouvement, elle a exhorté les députés à offrir une alternative à la prison pour les combattants qui accepteraient de déposer les armes.

Le PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux, a pris les armes contre l’État turc en 1984. En mai dernier, ses dirigeants ont annoncé leur intention de se dissoudre et de renoncer à la lutte armée. Une cérémonie symbolique de destruction d’armes s’est tenue en juillet dans les montagnes du nord de l’Irak, où le groupe reste basé.

La Commission nationale de solidarité, de fraternité et de démocratie, qui a entendu ces témoignages, est chargée d’accompagner ce processus inédit et d’envisager des mécanismes pouvant mener à une paix durable. Pour les Mères de la paix, une amnistie partielle est indispensable afin d’encourager davantage de combattants à quitter la clandestinité et à abandonner définitivement les armes.

« Si nous voulons que davantage d’armes soient brûlées, il faut donner une chance à ces personnes », a insisté Nezahat Teke. « Si elles descendent des montagnes pour être condamnées à vie, comment convaincre d’autres de les imiter ? »

Cet appel intervient alors que la Turquie espère que le processus de désarmement du PKK puisse également contribuer à apaiser les tensions en Syrie voisine, où la question kurde demeure un enjeu hautement sensible.

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