Procès du tatoueur de Neuilly-sur-Marne : face aux témoignages, l’accusé nie
Procès du tatoueur de Neuilly-sur-Marne : face aux témoignages, l’accusé nie

Le procès de Dorian S., tatoueur de Neuilly-sur-Marne jugé pour neuf viols et agressions sexuelles, se poursuit dans une atmosphère lourde. À la barre, les victimes livrent des récits bouleversants, mêlant séduction initiale, emprise psychologique et violences sexuelles. L’homme, lui, nie systématiquement les faits.

« Mon corps ne m’appartenait plus »

Nour, l’une des neuf plaignantes, était son apprentie. Elle avait 20 ans, lui 34. Son témoignage est précis : viol dans le salon de tatouage, puis sur un canapé quelques jours plus tard, malgré ses refus. « J’ai dit non deux fois », répète-t-elle. Si elle reconnaît avoir été séduite au début, elle décrit ensuite une spirale destructrice : isolement, perte de poids, peur constante. « Mon corps ne m’appartenait plus. » Pour se défendre, Dorian S. exhibe des SMS ambigus échangés après les faits. Des messages que Nour explique par la confusion, la peur, l’envie de plaire encore. Le président de la cour rappelle une évidence : « Quand elle dit non, c’est non. »

Une posture « rocambolesque » et un contact nié

Aurore, autre plaignante, témoigne à son tour. En 2021, venue se faire tatouer un cerisier sur les cuisses, elle se retrouve dans une position intime, jambes relevées, pieds sur les épaules de Dorian. Elle dit avoir senti ses doigts pénétrer son vagin. Lui reconnaît un « contact », mais affirme qu’il s’agissait de ses adducteurs. Il évoque une posture inhabituelle, mais sans intention sexuelle. Aurore hésite à porter plainte, faute de preuves. Jusqu’à ce qu’elle découvre qu’elle n’est pas la seule. En tout, quinze jeunes femmes au profil similaire ont porté plainte contre le tatoueur. « C’est étonnant, ce nombre, non ? » lance le président du tribunal, face à l’accusé. Entre récits à la barre et défense offensive, ce procès interroge de nouveau la notion de consentement, la dynamique d’emprise, et l’impunité trop souvent offerte aux agresseurs lorsqu’ils opèrent dans une position de pouvoir. Le verdict s’annonce lourd de sens.

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