Il trouvait ça « pratique ». L’entreprise, elle, appelle cela un détournement. Un ancien salarié d’une société d’événementiel des Yvelines a été reconnu coupable d’avoir siphonné 14 350 € de carburant à l’aide d’une carte professionnelle prétendument perdue. Le tout, entre avril 2022 et juin 2024, à raison de deux pleins hebdomadaires. Et comme si cela ne suffisait pas, il en aurait aussi fait profiter sa compagne. Verdict du tribunal d’Évreux : cinq mois de prison avec sursis pour lui, trois pour elle. Le subterfuge est découvert par l’entreprise en 2023. Des pleins en horaires décalés, un usage incohérent de la carte, et des vidéos de télésurveillance qui ne laissent guère place au doute. La Citroën C6 du salarié trahit l’usage privé d’un outil censé rester professionnel. L’homme, 41 ans, n’en nie pas totalement l’usage, mais limite le préjudice à 5 000 €.
La carte carburant comme prime d’injustice
Il affirme avoir retrouvé la carte par hasard, oubliée sous un tapis de voiture, et justifie son geste par des heures supplémentaires non payées, des salaires versés en retard et un climat social dégradé. Il évoque même une résiliation unilatérale de la mutuelle d’entreprise. « C’est de l’argent facile », tacle l’avocate de la partie civile. Pour elle, l’histoire du salarié qui se fait justice lui-même ne tient pas. L’entreprise réclame 14 350 € de remboursement, 5 000 € de préjudice moral, et 3 000 € de frais de justice. En face, la défense crie à l’exagération : un tableau Excel et trois vidéos ne constituent pas une preuve irréfutable. Elle demande un renvoi en intérêt civil pour discuter des montants. Le tribunal tranche à sa manière : les peines avec sursis sont prononcées, mais l’évaluation du préjudice est renvoyée à plus tard. D’ici là, le carburant aura peut-être baissé. La confiance, elle, reste hors de prix.