LONDRES – Déjà condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de sept nouveau-nés et la tentative d’assassinat de huit autres, l’infirmière britannique Lucy Letby pourrait faire face à de nouvelles poursuites. Le Crown Prosecution Service (CPS), équivalent du parquet au Royaume-Uni, a annoncé ce mardi avoir reçu un dossier de preuves supplémentaires concernant d’autres incidents suspects survenus dans les hôpitaux où elle a exercé.
Letby, 35 ans, purge actuellement une peine incompressible, sans possibilité de libération, après avoir été reconnue coupable d’actes criminels sur des bébés entre juin 2015 et juin 2016 dans l’unité néonatale de l’hôpital Countess of Chester, dans le nord de l’Angleterre. Elle est considérée comme la pire tueuse en série d’enfants de l’histoire moderne britannique.
Selon le CPS, les nouvelles preuves transmises par la police du Cheshire concernent à la fois des décès inexpliqués et des effondrements non mortels survenus dans le même hôpital, ainsi qu’au Liverpool Women’s Hospital, où Letby avait également travaillé. « Nous allons maintenant examiner attentivement les preuves pour déterminer si d’autres accusations criminelles doivent être portées », a indiqué un porte-parole du service.
Depuis sa condamnation, la police mène des investigations approfondies pour déterminer si d’autres cas de maltraitance néonatale pourraient être liés à l’ancienne infirmière. Trois cadres hospitaliers, ayant occupé des fonctions de direction à l’époque des faits, ont par ailleurs été interpellés mardi, renforçant l’idée que l’affaire pourrait encore s’élargir.
Malgré les charges déjà retenues contre elle, Letby continue de clamer son innocence. Ses avocats ont demandé un réexamen du procès, estimant qu’il subsiste des doutes raisonnables quant à sa culpabilité. La demande d’appel a été rejetée dans un premier temps, mais pourrait faire l’objet d’un réexamen ultérieur.
L’affaire Letby a profondément secoué le système de santé britannique et soulevé de nombreuses interrogations sur la vigilance institutionnelle dans les services hospitaliers, notamment en matière de signalement et de gestion des alertes internes. Ces nouveaux développements pourraient raviver les débats sur les responsabilités collectives dans cette affaire tragique.