La justice a tranché rapidement. À Châtel, en Haute-Savoie, un saisonnier de 32 ans a été condamné lundi 25 août à seize mois de prison dont huit ferme pour avoir recouvert de tags « Free Palestine » huit véhicules, dont plusieurs appartenaient à des familles juives venues passer leurs vacances dans la station alpine. Interpellé après les faits, l’homme avait d’abord nié avant de reconnaître avoir ciblé ce qu’il pensait être des « voitures de juifs israéliens » pour, selon ses mots, « faire entendre sa voix et passer un message sur la Palestine ». Devant le tribunal de Thonon-les-Bains, il a exprimé des regrets.
Une condamnation exemplaire
Le prévenu a été jugé pour « dégradation du bien d’autrui commise en raison de l’appartenance, réelle ou supposée, de la victime à une nation ou à une religion ». Sa peine s’accompagne d’obligations de soins, de travail ou de formation, du versement de dommages et intérêts aux victimes et de l’accomplissement d’un stage de citoyenneté. Le parquet a indiqué que ce stage devrait être organisé en lien avec le musée-mémorial de la Maison d’Izieu, haut lieu de mémoire de la Shoah en France. Une manière de confronter le condamné aux réalités de l’histoire et de donner une portée éducative à la sanction.
Un climat de tension dénoncé
L’affaire a suscité une vive réaction du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Auvergne-Rhône-Alpes, qui a dénoncé des actes « ignobles » visant des familles en villégiature dans une station où la communauté juive orthodoxe séjourne régulièrement. Au-delà de l’acte de vandalisme, la justice a voulu rappeler qu’aucune cause politique ne saurait justifier des dégradations à caractère discriminatoire. Pour l’auteur, désormais incarcéré, les slogans inscrits à la bombe de peinture se sont transformés en condamnation ferme, assortie d’un rappel concret à la citoyenneté.