Fausse victime d'antisémitisme, elle est condamnée à un an de prison ferme
Fausse victime d'antisémitisme, elle est condamnée à un an de prison ferme

Elle avait voulu faire croire à une vague de haine antisémite dans son immeuble parisien. Mais les preuves l’ont rattrapée : une femme de 49 ans, prénommée Nancy, a été condamnée à deux ans et demi de prison, dont un an ferme, pour avoir sciemment fabriqué de toutes pièces ces actes de haine qu’elle dénonçait. Le tribunal judiciaire de Paris a rendu sa décision ce mercredi 14 mai, concluant à une dénonciation mensongère doublée de dégradations aggravées en raison de la religion. À plusieurs reprises, en septembre et octobre 2024, Nancy S. avait porté plainte en affirmant être la cible de tags antisémites dans les parties communes de son immeuble, situé dans le 11e arrondissement de la capitale. Elle expliquait alors vivre à la même adresse que celle où Mireille Knoll, rescapée de la rafle du Vel d’Hiv, avait été poignardée en 2018. Une manière pour elle d’accentuer la portée symbolique de ses accusations. Mais les enquêteurs vont vite être saisis de doutes.

Des caméras de surveillance décisives

L’élément déclencheur de l’enquête remonte à décembre dernier, lorsque la plaignante affirme avoir reçu un courrier haineux anonyme. Les services de police diligentent alors des réquisitions bancaires… et découvrent que le timbre utilisé sur cette lettre avait été acheté par Nancy S. elle-même. Pire encore : quelques semaines plus tard, le 18 janvier 2025, des caméras discrètement installées dans l’ascenseur de l’immeuble montrent Nancy S. accompagnée de sa propre fille, en train de réaliser de nouveaux tags antisémites. Prises sur le fait, mère et fille sont placées en garde à vue quatre jours plus tard. Nancy S. est rapidement déférée en comparution immédiate, mais son procès est renvoyé au 31 mars, avant que le jugement ne soit mis en délibéré.

Une peine lourde pour des actes « très graves »

Ce mercredi, la justice a tranché. Nancy S. écope de 30 mois de prison, dont 12 mois ferme. Elle devra également suivre un accompagnement psychologique et se voit interdire de paraître dans son ancien immeuble pendant la durée de sa probation. Le tribunal a retenu deux infractions : dénonciation de délit imaginaire ayant entraîné des recherches inutiles et dégradations aggravées en raison de la religion. Cette affaire, au-delà du mensonge, met en lumière les risques de détournement des symboles de la mémoire collective et les conséquences graves que ces fausses accusations peuvent entraîner. Le cabinet de son avocat, Me Philippe Sarda, a d’ores et déjà annoncé que sa cliente faisait appel.

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