Bernard Bajolet, ex-patron de la DGSE, écope d’un an de prison avec sursis pour complicité de tentative d’extorsion
Bernard Bajolet, ex-patron de la DGSE, écope d’un an de prison avec sursis pour complicité de tentative d’extorsion

L’ancien directeur de la DGSE Bernard Bajolet a été condamné à un an de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Bobigny pour complicité de tentative d’extorsion et atteinte arbitraire à la liberté individuelle. La justice lui reproche son rôle dans une opération menée en 2016 contre l’homme d’affaires franco-suisse Alain Duménil, à qui des agents du renseignement avaient réclamé le remboursement de plusieurs millions d’euros lors d’une intervention à l’aéroport de Roissy.

À l’époque, l’entrepreneur avait été retenu sous un prétexte administratif avant d’être confronté par deux agents de la DGSE, qui lui avaient intimé de verser 15 millions d’euros au titre d’un différend financier ancien avec l’État. Selon la décision, cette action s’est accompagnée de pressions jugées graves, dont des menaces implicites visant son entourage.

La responsabilité de la hiérarchie mise en cause

Le tribunal a estimé que de telles pratiques ne pouvaient relever d’initiatives isolées, compte tenu de la sensibilité du dossier et du niveau d’autorité requis. S’il a reconnu avoir validé le principe d’un échange avec l’homme d’affaires, Bernard Bajolet a affirmé n’avoir jamais envisagé un recours à la contrainte, tout en admettant que l’opération avait dérapé.

Outre la peine avec sursis, l’ex-patron des services extérieurs devra verser 25 000 euros de dommages et intérêts à Alain Duménil. Les juges ont souligné le caractère incompatible de ces méthodes avec l’État de droit, pointant aussi l’absence de signalement judiciaire ou disciplinaire après les faits, les agents impliqués n’ayant jamais été identifiés en raison du secret défense.

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